22/07/2011
Un bon livre pour la plage.
Voici un livre que j'ai déniché à la bibliothèque et que je vous recommande pour la plage. C'est le livre de Conor Woodman "L'homme qui vendait de la glace aux esquimos".

Avant d’écrire son livre, l’auteur travaillait pour un gros cabinet de consulting américain (Price Waterhouse Coopers ? ). Mandaté pour réaliser un audit d’une usine de verre anglaise en proie à de grandes difficultés, il arrive dans son rapport à la conclusion qu’il faut procéder à un dégraissage de 400 employés ! Et là où ça commence à coincer, c’est quand son patron lui demande de virer lui-même les employés. C’est dit-il, pour lui donner une expérience du terrain » Il finit le sale boulot en pensant – à juste titre - que ce n’est pas à lui de le faire.
Une fois les 400 personnes virées une à une, il largue les « avares » de sa boîte et s’envole pour un tour du monde marchand. Il veut se frotter aux marchands les plus rusés de la planète.Passant d’un univers virtuel complètement déconnecté de la réalité du marché, il va se mesurer au business in live.
On sent en lui, l’envie de retrouver la vraie saveur de ce qui a toujours fait le sel du marché depuis des millénaires, l’échange entre des humains, à mille lieux de la spéculation. Etre dans le vrai avec des transactions négociées les yeux dans les yeux entre un verre de thé et finissant par une chaleureuse poignée de main. Humain, comme du bon pain !
Avec des contacts en poche et surtout beaucoup d’improvisation, il va sillonner le globe et suivre son intuition pour acquérir des marchandises.
Son expérience de consultant lui servira tout au plus à remplir les papiers de douane.. et encore. Sa motivation et son enthousiasme lui feront surmonter le difficile but de son périple : gagner 100'000 dollars.
Première étape, le marché de Marrakech. A chacune de ses étapes, il a toujours un guide pour le conseiller sur la qualité des marchandises
Lors de son périple mondial, il achètera des produits de grande consommation, des objets précieux et même des animaux ! De ces transactions naîtront des chargements de quelques kilos à quelques tonnes qui passeront les frontières. Il accompagnera certaines de ses cargaisons parcourant des routes incommodes et interminables sous des chaleurs étouffantes.
Au fur et à mesure de ces écrits, la marchandise prend de la valeur. Je parle pas de la valeur intrinsèque mais par son histoire et toute la passion mise dans la fabrication par ses propriétaires. Je pense notamment de cette sauce à piment du sud de l’Afrique qui contribue à préserver les éléphants mais qui, hélas, faute de production suffisante, n’a pas pu être achetée par le narrateur. Le grands regret de son voyage… L’auteur se surprend même à s’attacher parfois à sa marchandise. On le suit dans sa quête jalonnée de hauts et de bas. Il aura plus de mal avec les quadrupèdes, ces derniers lui feront filer les bénéfices entre les pattes. On découvre que dans certaines contrées, les transactions sont régies par des codes folkloriques qui peuvent donner à la transaction, un air de match de ping-pong survolté comme sur ce marché à chevaux en Asie Centrale.
Et peut-être un moment du livre qui pourra les esprits cartésiens…
Le moment où il est le plus ému c’est quand il fait deux pièces de bénéfice, alors que c’est la transaction qui lui a coûté le plus d’efforts. Ce jour-là, il tombe dans les bras de son compagnon d’infortune, un homme du coin, avec qui il avait fait le pari de s’allier le temps d’une journée pour se partager les bénéfices, si plus-value il y avait...
Mais attention ces deux-là n’étaient pas liés par un de ses marchés « gnan-gnan » appelés « gagnant-gagnant ». Non ce jour-là, pour l’instigateur de ce pacte (l’auteur) c’était soit perdant soit gagnant, et, pour son associé du jour, c’était une relation gagnante quoiqu’il arrive.
C’est ce qui rend le récit intéressant car il prend des risques et ne cherche pas le bénéficie pour le bénéfice.
Pour lire le vécu de ces vendus et de ces invendus, aimer le récit de voyage est insuffisant pour accrocher au récit. L’achat de ce livre ne se conçoit sans un attrait pour la littérature mercantile. Personnellement j’adore les livres qui parle des entrepreneurs ou de l’histoire d’une entreprise. Et dans les magazines j’adore Management ou Entreprendre. A la différence près c’est que dans ce récit c’est l’humain qui est au cœur du livre.
L’auteur nous livre ses sentiments sans langue de bois avec humour, c’est un peu le consultant qui redécouvre la vraie création de richesse.
Laurent Opoix
12:33 Publié dans Livre lus | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : livre, avis, l'homme qui vendait de la glace aux esquimos, woodman, tour du monde, marchand, voyage, transaction, plage, lecture, humain, marchandise, entreprendre, marché |
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