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  • La RH connection, et le trou dans le CV

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    A travers ma fenêtre, je perçois un matin glacial à l'aspect pas très enchantant. Un temps à couler du nez. Je regarde passer les silhouettes se diriger vers un bus. J'envie ces personnes grelottantes au "cul bordé de nouilles" qui rejoignent leur lieu de travail. 

    C'est mon placard qui est débordé de nouilles, réserve alimentaire du précaire Rmiste. Fraîchement  licencié à la façon "Don Corleone". Une pratique courante dans de nombreuses entreprises suisses véreuses, Novartis nous en a fait récemment la démonstration. 

    Je regarde vaguement mon écran de netbook s'allumer pendant qu'une tasse de café s'impatiente, la anse tendue, de me faire l'effet d'un Haka.

    Kawa bu, haka scandé, Word ouvert,  je suis  prêt à  réaliser le meilleur parchemin possible de mon parcours Vitae comme un jambon LIDL reconstitué. Il faut que je rassemble tout mes faits d'armes qui ont contribué au totem du PIB, afin de le figer sur un CV.  Il fera le festin de psycho-rigides  : les RH (Ressources Humaines) .

    Dans le temps, ils maniaient leur boule de cristal dans les fêtes foraines abrités dans une roulotte. Depuis,  ils ont abandonné le châle manouche pour le plus distingué Louis Vuiton. Fini de lire les lignes mains,de nos jours, ils lisent entre les lignes d'un CV. 

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    Ces maîtres du temple de l'emploi ressemblent à ceux qui portent une cagoule dans Fort Boyard et  te font faire des jeux ancestraux, qui, pour les gagner, font plus appel au hasard ou au bluff tribal qu'à de réelles capacités intellectuelles.  

    Par exemple ce test de "Briggs-Myers" effectué par les RH qui classe les testés en 16  types de personnalités différentes. 

    Je prends un extrait du livre "On achève bien les cadres" de Barbara Ehrenreich, à la page 53, qui éclaire notre lanterne sur ce test : "Il a été mis au point des années 40, non pas par un spécialiste mais une femme au foyer fascinée par la différence par la personnalité de son gendre, un homme qui avait un sens pratique très développé et la sienne, beaucoup plus intuitive"

    A la suite du livre on y apprend que les psychologues n'ont pas pris au sérieux le test au grand regret de sa conceptrice, et pas seulement pas parce qu'elle n'avait pas de connaissance dans leur domaine. 

    Le pire c'est que le test manque de fiabilité selon ses propres critères ! En effet, selon une étude, plus de la moitié des gens se retrouvaient dans une autre catégorie en effectuant le test des semaines ou des années plus tard ! Même que "Chez certaines personnes, le type pouvait varier en fonction du moment de la journée"

    Pourquoi donc le monde de l'entreprise que l'on pourrait  croire fondamentalement attaché à des critères de réussite empiriques, quantifiables, comme le résultat d'un bilan s'est-il entiché de ces tests de personnalité sans queue ni tête ? "Il faut croire que ces derniers apportent un vernis de rationalisme au processus de recrutement du candidat idéal"

    Quand je vous parlais de boule de cristal ce n'était pas qu'ironique. 

    Ah ces RH... Le véritable cauchemard des chômeurs. Nos "serial killers". Des gens prêts à  cataloguer et laisser sur le bas côté de la route une partie de la population. Normal, ils  utilisent tous les mêmes critères aberrants. 

    Ils passent ton CV à l'acide prêt à lui trouer la peau. Il n'y a rien à faire, chez eux c'est épidermique, ils n'ont pas de RH neutre. 

    Un peu de pseudo psychologie, un air de physionomiste, un peu d'anthropomorphologie, beaucoup de mauvaise foi (une interprétation vers le pire scénario), énormément de préjugés. Un cocktail détonnant pour évaluer ta candidature.

    Face à ça, il faut avoir un parcours professionnel blindé, sans échec et en ligne droite, s'il vous plaît. Si, il y a  des trous, c'est l'échafaud assuré. Tu dois te ranger sur le bas côté et laissez passer plus formatés que toi. En clair, t'es purement et incroyablement exclu de l'emploi.

    Dans ces conditions là, c'est avec fébrilité qu'on élabore un CV. On a l'impression de retaper une bicoque de pêcheur pour la revendre. On est là, tournant autour de nos failles, on les colmate, de peur que la candidature ne prenne l'eau face au questionnement tempètueux du RH qui ne manquera pas de s'y engouffrer. 

    Les RH, dont la devise est le risque zéro, lorsqu'il se trouvent face à un trou de CV, s'imaginent toujours de suite le pire :  la prison, la glandaison (comme si c'était drôle d'être dans la galère). Bref,  pour eux tu t'es forcément ankylosé dans un canapé un paquet de chips à la main devant une émission débile. 

    Comme si l'absence de période professionnelle te faisait faire un moonwalking à la darwin, te faisant remonter vivre dans les arbres. Un trou dans le CV et ta tête se vide à vitesse grand V ! 

    Ce qui est incroyable c'est que si tu as fais un voyage de longue durée à l'étranger alors là, ça change tout ! Selon leur logique c'est bankable. Etre sur un transat ou faire du shopping chez H&M à Sao Paulo c'est vrai que c'est beaucoup plus enrichissant !? Comme si tu pouvais t'enrichir l'esprit qu'en allant visiter le Taj Mahal et en baragouinant deux mots avec la caste des intouchables avant de prendre ton car. Ce que je retiens de leur théorie :  en dehors de l'emploi et à l'intérieur des frontières aucun enrichissement intellectuel possible.

    Si tu n'es pas parti te remplir le cerveau à la seule force magique du soleil.  Il faudra te justifier lors de l'entretien du trou béant dans le CV telle une balafre au milieu de ta gueule. En fait il faudra te justifier d'être exclu de l'emploi ! 

     Ils nous l'a font à l'envers !

    Tu frappes aux portes, on veut pas t'ouvrir la porte et après tu dois te justifier à la place des gros nazes qui font les tombes ? On marche sur la tête !

    Cette auto-introspection, cette culpabilisation déguisée infligée à longueur de journée aux sans-emploi c'est insupportable. 

    Imaginez que vous soyez noir et convoqué dans une banque suisse pour un entretien  au cours duquel, la RH vous pose une question concernant votre trou de deux ans apparaissant dans votre  CV et cela malgré vos hautes études et votre parcours brillant et sans fautes ?

    Vous répondriez quoi ? A part que les préjugés racistes ont vérolé la profession des RH et le petit managariat ? Oui vous bien essayé de trouver un job alimentaire en attendant mais on vous a répondu que vous étiez surqualifié ! Que peut-on faire face à la bêtise humaine ? 

    Que répondre face au racisme, à la stupidité, à l'ignorance ? 

    On est quand même pas responsable de la connerie des autres !

    Le trou dans le CV peut tout à fait faire l'objet d'un livre. Justement, je suis tombé à la bibliothèque sur un livre traitant du sujet dont le titre est "Trou dans le Curriculum Vitae - ou vue sur la mer de Djemâa Chraïti aux éditions Publibook.

    Voici des extraits de ce livre rafraîchissant :

     "Non au mythe d'un destin juste qui ferait croire à une flèche partie en ligne droite du berceau au cercueil"

    "Face à un tel cynisme du système qui vous exclut et ensuite vous stigmatise de ne pas y être, déculpabiliser est le seul mot d'ordre"

    Je me pose des questions sur ces professionnels de l'absurde.

    Si, ils sont si compétents, ouverts d'esprit et clairvoyants; comment se fait-il que les professionnels des cabinets de conseil recommandent tous de ne pas écrire aux ressources humaines mais au responsable hiérarchique du poste convoité ?

    Faudra qu'on m'explique...

    En résumé, pour caricaturer les RH, je dirais que ce sont des détectives  ahuris qui pour savoir si t'es un bon conducteur regardent si la carrosserie de ta voiture n'as pas d'impacts.

  • Faites bonne expression

    En vrai rat de bibliothèque, je vais vous livrer quelques-unes de mes lectures. J'ai envie de partager mes lectures dans mon blog de manière plus importante. 

    L'expression est l'assaisonnement de nos verbiages. Elle met de belle façon nos propos en image. Quand je vois un livre sur les expressions ça me met direct le mot à la bouche et je m'en vais le feuilleter.

    Elle peuvent être éphémères ou rester longuement dans le language courant. Les expressions dont l'usage commun s'étiole, finissent par disparaître.

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    Pour raviver ces perles de la langue, Bernard Pivot avait sorti un livre intitulé "100 expressions à sauver". Chaque expression était commentée en y expliquant son origine ainsi que son usage. J'y ai découvert des expressions qui m'étaient inconnues comme "une face de carême" pour désigner un visage blême ou "avoir de la branche", faisant référence aux branches issues des grandes familles.

    Connaissez-vous l'expression "numérotez ces abattis" ? Bernard Pivot nous explique que les abbatis sont les abats de volaille et par extension métaphorique, nos bras et jambes. Formule surtout utilisée par les soldats lors des grandes guerres pour signifier qu'ils avaient peur d'y laisser un ou plusieurs de leurs membres. Ce livre a été publié chez Albin Michel en 2008. Je l'ai dégoté à un prix tellement rapiécé que j'ai pu le "payer rubis sur l'ongle".

    Un autre livre sur le même sujet emprunté à la bibliothèque m'a aussi bien plu. Il contient plus d'expressions que celui de Bernard Pivot mais à l'inverse de l'autre ouvrage, l'auteure nous dévoile rarement l'origine des expressions qui nous sont présentées.

     

    livre, faire son beurre, agnès pierron, petit dictionnaire des expressions imagées

    Au détour d'une phrase, j'ai découvert cette expression amusante "prendre le bus onze", ce qui signifie s'enfuir, le onze étant la forme que dessine une paire de jambe. J'adore cette formule. 

    Ou  celle-ci  "se cacher dans l'eau de peur de la pluie", qui veut dire se mettre dans une mauvaise situation pour éviter de moindres inconvénients.

    Ce livre est intitulé" Faire son beurre... Petit dictionnaire des expressions imagées", écrit par Agnès Pierron et mis sous presse en 2011 par l'éditeur Balland.

  • Pause musicale

    Une pause musicale pour se changer les idées face au fléau économique.

    Un air de musique pour oublier qu'on produit des élites économiques biberonnés au néo-libéralisme qui plongent, chaque jour, un peu plus, la population vers la précarité. 

    J'apprécie les chansons à texte.

    Fort et sincère et chantée avec des tripes - En feu de détresse - la chanson touchante d'un rapeur incroyable.