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  • L'itinéraire d'un patron rebelle

    Itinéraire d'un patron rebelle, titre du livre de Pascal Gayrard.

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    Le type de livre que j'aime, une autobiographie d'un entrepreneur. Pascal Gayrard est le patron de l'entreprise Metro, leader du cash and carry qui compte environ 10'000 collaborateurs. Il y est entré par la petite porte en 1971, et gravira tous les échelons. Un parcours d'autant plus méritant qu'il n'a aucun diplôme. Qu'à cela ne tienne, armé de talent, de courage, de bons sens, de persévérance et d'intuition, on y arrive aussi.

    Fils de bougnat aveyronnais, marchands de charbon et de vin, il a connu une enfance heureuse à Courbevoie. Il a vécu au rythme des commerçants et artisans de son quartier, s'empreignant des valeurs de ces hommes et femmes dures à la tâche. Il a grandit dans une ambiance d'entraide et de fraternité, au milieu des petits commerces de proximité qui animaient jadis nos rues et  fortifiaient les liens sociaux. Ce commerce de proximité tend à disparaître de nos jours. Ce qui me fait penser que l'apparition du marketing one to one- il y a déjà un moment -  dans la littérature marketing en est la conséquence.

    Mal à l'aise en classe, renvoyé de son lycée, l'école, pour ce patron atypique, ne sera pas son tremplin de vie. Il fera l'apprentissage de la vie en observant les artisans de son quartier de Bezons - Victor Hugo à Courbevoie.

    L'auteur nous livre son parcours de manière sporadique. Qu'importe, l'intérêt du livre ne se trouve pas dans la narration de son parcours mais réside dans ses points de vue en tant qu'entrepreneur. C'est le fruit d'une réflexion sur son secteur d'activité et de ses valeurs de management qui sont le sel et donnent la force captivante à ce livre. Un autodidacte qui se livre est souvent plus intéressant qu'un surdiplômé qui te sert souvent un discours alambiqué, sorte de générique d'un livre classique de management.

    Quand Pascal se livre on y sent LA PASSION, l'amour de son métier, de sa branche ainsi que des collaborateurs de son entreprise. On constate à quel point, il s'implique pour donner une dynamique à son entreprise et transmettre l'étincelle à ses employés. 

    Justement, il prône pour plus d'ouverture d'esprit dans le recrutement. Ce genre de patron est trop rare, c'est bien dommage. Faut dire que la littérature des ressources humaines a formaté le recrutement.  Les RH ne prennent pas de risques et passent à côté de tous les Richard Branson.  Ils ont oublié que c'est la prise de risque qui fait la réussite des entreprises ! Tous les grands patrons ont - ou devraient avoir - cette faculté de prendre des risques. Une entreprise qui ne prend plus de risque court à la faillite.

    Il faut dire que les autodidactes, à ce poste là, dans une entreprise de cette taille, sont devenus rares. Une éternité que l'ascenseur social est bloqué. 

    Sa vision est d'autant plus précieuse car elle est le fruit d'une politique au mérite qui était plus appliquée pendant les trente glorieuses. Voici ce que dit Pacal Gayrard sur le recrutement :

    "Le C.V ne suffit pas. Il faut juger l'homme plutôt que les diplômes. Mieux vaut quelqu'un parlant mal l'anglais mais qui soit un bon professionnel motivé qu'un parfait bilingue inefficace et désabusé !"

     "Un groupe à tout intérêt à avoir des rebelles constructifs parmi ses cadres, ils sont la force de proposition qui permet d'avancer et de ne pas s'endormir"

    "Considérer le budget formation comme un investissement, non comme une dépense, et combattre la confusion courante entre bonne formation et bon management"

     "Il faut miser sur la diversité et la complémentarité car on avance en s'enrichissant des différences. Il faut de tout pour faire une équipe performante : des universitaires, des autodidactes, des fonceurs, des pionniers, des plus prudents, des guerriers, des diplomates..."

    "N'oubliez pas de mixer les générations, mais aussi les tempéraments" 

     "Se méfier des a priori en matière de recrutement : (...) un africain peut se révéler être en France, un bien meilleur spécialiste du poisson qu'un Breton. Ecartez systématiquement les candidats qui arrivent avec des certitudes et privilégiez ceux qui ont envie d'apprendre, de découvrir."

    Une succession de conseils et des principes de management jalonne ce livre. Utile pour qui veut se forger (ou se racheter) une ligne de conduite managériale. 

    On pourrait lui reprocher à la fin du livre de faire la part belle à l'entreprise Metro, seulement cela aurait donné un côté mégalo à ce patron. Il évite ainsi le défaut de ces livres écrits par des patrons.

    Puis, il faut avouer que cette  entreprise est objectivement un rempart important contre la désertification des petits commerces tels que les épicieres. De plus cette entreprise a le mérite d'avoir fait confiance à une personne du bas de l'échelle et de l'avoir mis à sa tête. 

    Un air humain semble souffler dans cette entreprise, et rien que ça c'est énorme. En effet, toutes les entreprises font du marketing vert mais peu font du management humain. C'est plus facile de dire qu'on respecte l'environnement que de dire qu'on met l'humain au coeur du management. Planter des arbres, ça ne mange pas de pain et puis les arbres ne parlent pas c'est pratique. 

    J'ai eu plaisir à lire ce livre qui m'a même incité à souligner des passages. Passionant, ce regard différent sur la façon de mener une entreprise.

    Finissons sur cette phrase : " (...) un mangager responsable ne doit jamais sacrifier aux calculs à court terme, aux effets de manche et au culte de la performance à tout prix : la responsabilité sociétale est une vision futuriste."

    On peut résumer l'auteur par son leitmotiv : oser, ne jamais rester immobile.


  • Un petit livre détonnant : L'art d'ignorer les pauvres

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    L'art d'ignorer les pauvres est un petit livre salvateur à un prix modeste.

    Voilà, un livre qui fait honneur à l'intelligence. Il est constitué de quatre textes d'auteurs différents.

    Les 71 pages sont d'une justesse sans commune mesure.  La somme des textes est une dague dans le regard que porte la société occidentale sur sa pauvreté. Je vais parler de ce livre et ce qu'il m'évoque comme réflexion.

    La société a mal à ses pauvres et semble empêtrée dans un noeud  gordien, né des contre-vérités distillées par une élite libérale et une partie de la classe politique. Ce livre est un plaidoyer contre les fadaises colportées sur le dos des pauvres.

    Les théories libérales envers les pauvres sont des éternelles ritournelles vociférentes. A force, la population connaît la chanson et n'arrive plus à se la sortir de la tête. 

    Je voulais illustrer le titre du livre avec du concret. Cet  acharnement  sur les pauvres prend forme sous des phrases tel que :

    "L'assistanat qui rapporte davantage que le travail" N.Sarkozy discours de Villepinte en 2012

    "La vie, la santé, l'amour sont précaires. Pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ?" Laurence Parisot, présidente du Médef, 2005

    "Il ne sera plus possible de refuser plus de deux emplois sans justification" N.Sarkozy 2007 (propos qui sous entendent que le problème du chômage se résume à des chômeurs qui refusent de travailler !)

    "Cette question de la différence entre le travail et l'assistanat est aujourd'hui l'un des vrais cancers de la société française parce que ça n'encourage pas les gens à reprendre un travail, parce que ça décourage ceux qui travaillent" Laurent Wauquiez, ministre du gouvernement qui dénonce les "dérives de l'assistanat", qu'il qualifie de "cancer de la société française"!

    En somme, selon la vox populi emmenée par la vox ploutocrati, l'Etat, grande machine à sous, est coupable de proposer la pauvreté à satiété à des traîne-savates !  Le pauvre est le responsable du trou de la sécurité sociale, des hausses d'impôts. Tout juste s'il n'est pas responsable du trou dans la couche d'ozone !

    Les pauvres ont le mauvais rôle dans notre société, ce sont des profiteurs qui plombent l'économie ! 

    Le livre nous propose de nous plonger dans ce déni sociologique que représente l'aveuglement  général quant à l'existence et la prise en compte des pauvres au sein de la société. On pourrait le comparer en intensité, au déni psychologique de la mort.

    La préface de Serge Halimi nous plonge dans la pensée générale à l'égard des pauvres.

    - "Abandonner les pauvres à leur sort serait un moyen de leur rendre service"

    -"L'avarice devient ainsi une forme intelectuellement avancée de générosité humaine, voire, osons le mot, d'aide sociale"

    Ce qui fait dire à l'auteur de la préface que cette pensée égoïste tend inévitablement à créer des tensions entre les couches sociales. Les  gens auront tendance à penser qu'ils seraient mieux lotis, si les "moins méritants" n'étaient pas autant indemnisés. En résumé, le travailleur pauvre en voyant ses impôts aura un ressentiment négatif envers celui qui n'a pas de travail. 

    Mon avis est que ce ressentiment est suggéré par tout ce que la société compte comme relais d'opinions qui déblatèrent à longueur de journée comme des moulins à prières sur les pauvres. Ce qui ne les empêchent pas de faire partie de plusieurs conseils d'administration de grandes entreprises, ce qui montre bien, le peu d'objectivité de ces sinistres personnages. Citons le farfadet Alain Minc, spécialiste inutile et pourtant omniprésent dans les médias. 

    Le pauvre est le bouc-émissaire favori des donneurs de leçons et d'opinions, ça évite à tous ces costumés de plateaux télés de rendre des comptes sur leurs théories qui appliquées sur le terrain se révèlent être que des calamités ?

    Quand un accident de bus se produit, est-ce que l'on blâme les passagers ? NON, c'est frappé du bon sens mais les gens ne veulent plus prendre le temps de réfléchir, ils veulent du pré-réfléchi.

    Les théories foireuses sont relayées et exacerbées par les médias comme le journal du Point qui liste bêtement les prestations prises en charge par l'assurance sociale comme s'il s'agissait de privilèges !

    Et que penser du Figaro qui utilise le terme d'assistés et met sur le devant de la scène médiatique des affaires de fraudes aux assurances sociales ? Enigmatique en sachant que le montant de cette fraude est minime comparé  aux astronomiques fraudes fiscales et sociales perpétrées par les entreprises. Mais de celles-ci les deux journaux n'en parlent pas !

    Les deux journaux cités plus haut sont tenus tous les deux par des milliardaires. De plus, par le plus grand des hasards, le Point et le Figaro  aiment  taper sur les Rmistes et l'Etat. Ce dernier serait, selon eux, trop douillet envers les plus démunis alors même que ces deux papelards trouvent que l'Etat est trop tatillon avec les fortunés ! 

    Faites aux autres ce que vous ne voulez pas que l'on vous fasse...

    Le chapitre continue en citant un discours bien écrit d'un démocrate américain résumant la volonté de faire avancer le pays sans mettre au bord des rails des laissés pour compte. Puis la réponse tout en stupidité d'un républicain à ce discours empreint de la pensée générale des néo-libéraux envers les pauvres. J'appelle cela, le "tout au marché", pendant économique du "tout à l'égoût".

    Comme le raconte bien l'auteur de cette partie du livre, si vous avez le malheur de  demander un minimum de justice sociale vous êtes taxés de doux rêveur ou de dangereux agitateur. 

    Deuxième texte : L'art d'ignorer les pauvres, de John Kenneth Galbraith

    Cette deuxième partie du livre parle "de l'épargne de toute mauvaise conscience envers les pauvres"

    On effectue une remontée dans le temps avec les personnalités qui ont distillé cette pensée venimeuse envers les pauvres.  De Plutarque en passant par  Malthus, Darwin et pour finir aux présidents américains Coolidge et Hoovers : "Pour eux, tout aide publique faisait obstacle au fonctionnement de l'Etat."

    Puis l'auteur de ce chapitre se penche sur la diatribe voulant que l'Etat serait incompétent pour aider les pauvres et qu'il ne ferait qu'empirer les choses à leur égard !!!

    Par conséquent, il faudrait  ne rien faire concernant la pauvreté alors que bizarement  l'Etat serait compétent pour gérer le Pentagone ou passer des marchés avec des firmes d'armement !

    On voit bien la compétence sélective portée à l'Etat par la droite !

    Le fonctionnaire serait soit disant incompétent.

    J'adore ce chapitre car l'auteur met en lumière la bêtise de M. Tout le monde envers les fonctionnaires.  Le refrain du café du commerce et de la cafétaria des entreprises serait le suivant : les fonctionnaires sont mauvais tandis que les bureaucrates du privé sont efficients.

    En réalité cela cache un symptôme plus profond : "celui de refuser toute responsabilité à l'égard des pauvres." 

    En somme, il n'y aurait pas de pauvreté au sens d'un dysfonctionnement de l'économie mais seulement des pauvres.  Etonnant, non ?

    Dixit l'auteur : "Mais qui peut croire que la grande masse des pauvres préfère l'assistance publique à un bon emploi ?" 

    En effet qui peut avoir envie de vivre dans la précarité ?

    Par ce que, à ce moment là, lançons un appel : quel cadre veut échanger son poste contre celui d'un pauvre au RSA ? 

    Personne ? 

    Un plan sérieux pour contrecarrer la précarité est encore à inventer. 

    Finissons sur un  passage éloquent :  "La compassion assortie d'un effort de la puissance publique, est la moins confortable et la moins commode des règles de comportement et d'action à notre époque. Mais elle reste la seule compatible avec une vie vraiment civilisée."

    Troisième partie : Economiste en guerre contre les chômeurs, de Laurent Cordonnier

    Ce texte est un coup d'éclairage sur la politique économique qui est suivie par les pays européens.

    Les chômeurs sont mangés à la même sauce, celle de la politique recommandée par l'OCDE. La pression s'est intensifiée sur le chômeur.  Le droit aux allocations chômage a été revu à la baisse. En effet, la durée de cotisation a augmenté et pour courroner le tout, la durée d'indemnisation a baissé. Et la machine à sanctions s'est mise en marche. Cela me fait penser au reportage de l'émission "Zone interdite" sur le chômage lorsqu' une personne se faire suspendre de deux mois d'indemnisation suite à l'envoi d'une lettre de l'ANPE concernant une date d'entretien. Or elle n'a jamais reçu cette lettre parce qu'elle n'a jamais été envoyée ! Sans compter que maintenant tout passe par un numéro de téléphone surtaxé sans qu'il soit possible d'avoir la personne qu'on désire au bout du fil ! Finalement le tribunal donnera tord à l'ANPE et la chômeuse touchera le montant frauduleusement soustrait. 

    Le livre nous apprend que l'OCDE recommande aux pays de diminuer la durée du chômage et le montant alloué car le chômeur se montrerait oisif et prenderait son temps pour retrouver un emploi. Les libéraux pensent que le montant d'indemnisation est trop élevé, ce qui en réalité, est une fausse solution. 

    En effet, si je me réfère au livre "18 leçons sur la politique économique" de Jean-Claude Prager et de François Villeroy de Galhau, qui est tout sauf un livre de "vilain gauchiste.  Nous pouvons lire à la page 117, ceci  : "L'analyse économique classique tend à considérer que l'assurance chômage rend les personnes concernées plus exigeantes dans leur recherche d'emploi, et donc qu'un niveau trop élevé de protection peut avoir un effet désincitatif trop puissant. Les études empiriques  effectuées ne permettent pas, cependant, de conclure d'une manière générale que le niveau des mesures d'indemnisation a un effet marqué sur la duréé  et le niveau du chômage."

    Les libéraux pensent vraiment que les montants d'indemnisation seraient trop importants. La conséquence, pensent-ils, seraient d'enchérir le prix du travail. Les employeurs seraient obligés d'offrir des salaires plus alléchants pour faire sortir le chômeur de sa oisiveté ! 

    Mais bien sûr, les allocations chômage créent le chômage et les salaires ont augmenté de manière phénoménale !

    L'auteur nous livre ses arguments contre cette théorie générale qui ne tient pas la route. L'auteur fait remarquer que si la théorie était réelle,  il n'y aurait pas 25 % de travailleurs en France (date à laquelle, il a écrit son texte) qui se lèvent et vont au taf pour toucher un revenu mensuel inférieur à 1,14 fois le smic ! Montant quelque peu inférieur qu'ils pourraient touchés en restant en inactivité ! Selon l'auteur, si cette théorie sur l'incitation reposait sur une vérité, l'effet aurait plutôt eu comme conséquence 7 millions de chômeurs en France ! 

    Comme le dit l'auteur cette théorie du chômage fait de chaque chômeur un faux "chômeur"

    Les élites mettent la poussière sous le tapis en transformant un problème de déficit de création d'emplois, en un problème de comportement du chômeur.

    L'auteur conclut sur la politique d'assouplissement du travail mené entre autre au Portugal et en Espagne et se termine sur une conclusion clairvoyante qui tape dans le mille.

    Quatrième partie du livre : Du bon usage du capitalime, de Jonathan Swift

    Le dernier chapitre est  un texte datant du début du 20 ème siècle écrit par un des maîtres du non-sens, Jonathan Swift. Il apporte une solution burlesque à la libérale pour enrayer la pauvreté. Un condensé d' ironie mordante.

  • Swisscom confie son budget à l'étranger, entre polémique et bal des hypocrites

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    Je voulais réagir à l'article paru dans la presse, à propos de la décision de la société suisse "Swisscom" de confier son budget publicitaire à l'agence berlinoise Heimat.

    Beaucoup de bruit pour rien ! 

    Ce n'est pas parce que l'entreprise Swisscom dont le capital est détenu à 55% par l'Etat, qu'elle ne doit pas être libre de choisir la provenance de son agence de publicité !

    Au nom de quoi une entreprise publique ne serait-elle pas libre de choisir son prestataire ? 

    Est-ce que nous exigeons des entreprises suisses qu'elles fassent appel à des agences de pub suisses ? Non, alors n'imposons pas aux entreprises publiques ce que nous n'exigeons pas des entreprises privées !

    Le choix de l'agence berlinoise apportera un meilleur rapport qualité-prix. Je rappelle que la Suisse a fait le choix du libéralisme à outrance. Dans la pensée dominante actuelle où l'on nous parle du "coût du travail" à longueur de journée dans les médias, il est normal que l 'état puissent également alléger ses coûts dans ses entreprises.

    L'opinion publique qui a le mot "coût du travail" dans sa tête comme une balle perdue aurait bon dos de monter aux barricades pour un problème qui découle d'un système économique qu'elle cautionne  par les urnes. 

    Quant aux agences de publicités, elles n'auraient pas lieu de se plaindre. Tout simplement parce que les agences suisses ne se préoccupent pas de ce genre de considération.  Elles commandent une bonne partie de leur matériel publicitaire en France ou en Allemagne à des tarifs plus avantageux qu'en Suisse. 

    Les agences de pub connaissent la règle du jeu et en profitent largement. Elles sont prêtes à l'accepter à moins d'être hypocrites.

    On pourrait exiger de Swisscom d'être le plus "local" possible mais dans ce cas là, exigeons en contrepartie que les agences de publicités suisses  fassent appel uniquement à des fournisseurs suisses. Question de cohérence.

    Prendre l'agence Heimat est aussi une volonté de Swisscom d'être plus créativite dans sa communication. Swisscom a déclaré qu'elle voulait quelque chose de plus émotionnelle et c'est vrai que la pub suisse peine à faire rêver. Il suffit de s'en rendre compte en lisant les commentaires suite à l'article du Matin.  Les gens trouvent la pub suisse ennuyante pour ne pas dire chiante et je suis du même avis !

    Revue des commentaires suite à l'article du journal le matin.ch : "Sur ce coup, Swisscom n'est pas malin".

    "Vu le niveau des publicitaires suisses... ca ne peut qu'améliorer les choses."

    "Au moins il y a de la créativité et bon goût dans leur pub ce qu'il n'y a pas chez les autres (ennuyantes à mourir). C'est cher? Oui c'est cher, mais il y a du service."

    "Si il y a bien un pays qui conçoit des pub de très mauvaises qualités c est bien la Suisse. Alors laissons les autres s en charger pour qu'on ne soit pas encore une fois de plus ridicules. Si les autres font mieux alors pourquoi ne prendre le meilleur?"

    "Dans une SA l'actionnaire ne se manifeste que lors de l'Assemblée générale le reste du temps il la coince.Quant à la qualité des publicistes suisses mieux vaut en rire lorsque l'on sait que celle de la Migros est produite en Italie."

    "Ca évitera d'avoir des pubs aussi médiocre que la moyenne suisse. Personnellement j'achète pas à cause des pubs, mais l'inverse oui. Quand je vois une pub vraiment mauvaise, voir carrément agaçante et qu'on nous mattraque avec, je boycotte le produit. C'est presque à chaque fois des pubs suisse."

    "Pas étonnant, vu le niveau lamentable de la pub suisse...(...) "

    "difficile d'être plus ridicule ! Saatchi + Saatchi par exemple est si peu suisse !! Quel est ce vent nouveau "protectionniste" ? Sans doute s'agit-il d'une agence de pub d'Appenzell qui a sensibilisé un politicien pour intervenir au plus haut niveau ! Curieuse façon de se mettre en avant !"

    "Si l'agence Heimat a la bonne idée de conseiller à Swisscom d'abandonner les termes (faussement) anglais dont elle truffe ses textes en français, alors cela aura valu le déplacement jusqu'à Berlin. Actuellement, les messages signés Swisscom sont un cauchemar pour les francophones et une belle preuve de mépris pour les usagers de ce côté-ci de la Sarine."

    La publicité suisse est médiocre, vous l'aurez compris. La faute à qui, à quoi ? Je me ferais un plaisir de me pencher sur la question dans un autre billet.

    Que Swisscom fasse appel à des Allemands c'est très bien...c'est même écologique. Oui, plutôt que donner le budget à une agence de publicité  Zurichoise qui compte dans son équipe des frontaliers allemands, dont le trajet jusqu' à  Zurich représente un bilan carbone digne d'un barbecue, il est plus raisonnable de leur éviter le trajet en donnant directement le budget aux allemands. Ainsi, pas de déplacements inutiles et des économies sur les salaires  si chères à nos managers.