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  • A défaut de taxer le capital, Sarkozy préfère tacler "Capital"

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    Le président Sarkozy s'est lâché lundi lors d'un meeting. Il y écoulait ses blagues, aidés de ses innombrables tiques à déboîter un contorsionniste, dans une salle rigolarde piquée à Jean-Marie Bigard. 

    Plein d'entrain,  il a taclé l'émission "CAPITAL" de M6 sans la nommer mais avec un indice : "cette émission qui n'en finit plus où un malheureux a envoyé deux mille CV". 

    En fait, c'était mille cinq cents CV.

    Là où son intervention est minable c'est quand il parle de" malheureux." Il le dit avec une tonalité condescendante ce qui donne une connotation de "pauvre type" à l'homme dont il parle. 

    Pour lui, c'est incompréhensible qu'un type galère autant pour trouver un emploi. 

    Quel mépris envers cette personne et à travers lui tous ceux qui sont sans emploi. Cette confession publique du président est le signe qu'il n'a pas digéré l'émission. Et pour cause, il était mauvais sur le plateau. Sa prestation ressemblait à un casseur de briques qui n'y arrivait pas. C'était pathétique.

    Il a même sorti une phrase à la rhétorique sans queue ni tête pour justifier le fait qu'on ne pouvait pas obliger les médecins à s'installer dans des zones délaissées par ces derniers. Sarkozy pose la question au journaliste Thomas Sotto : «Vous iriez voir un médecin qu'on a forcé à aller à Morlaix ?». 

    Il est marrant lui, on ne va pas se taper 50 bornes pour allez voir un médecin ou attendre deux ans pour avoir un rendez-vous comme la dame dans un des reportages de l'émission. Sauf si le président nous affrète un avion Falcon comme il l'avait fait avec son fils Jean pris d'une diahrée persistante en Ukraine.

    Le summum est atteint lorsqu'il a commencé à jouer sur l'interprétation des chiffres du chômage alors que derrière, il y a une réalité humaine en souffrance. Et c'est pas Pôle-emploi qu'il a créé en fusionnant les Assedics et l'ANPE qui va arranger les choses. Ce service est complètement désorganisé et machiavélique comme l'attestent différents autres reportages télévisés. Une vraie honte pour l'état français.

    Et dire que le logo de Pôle-emploi (pompé chez une marque italienne) a coûté environ 2 millions et demi d'euros ! Une dépense royale alors que les effectifs sont largement insuffisants. 

    Ah vraiment le journaliste de M6 a manqué de délicatesse, comment a t-il osé ennuyer le président avec une chose aussi futile que l'augmentation d'un million de chômeurs ?

    Je comprends que le CV et le chômage fassent l'objet de ricanement chez les élites de l'UMP et les fortunés de droite. C'est comme si vous parliez d'éthique à la direction de Total;  vous allez les agacer. 

    Ca le dépasse, lui qui a voulu placer son fils Jean à la tête de l'EPAD alors que  le fiston n'avait qu'une petite vingtaine d'année sous les pieds et aucune licence en poche à ce moment là.  De toute façon, le CV, les rejetons des privilégiés n'en ont pas besoin. Ces personnes sont pistonnées, nommées, parachutées. Ce qui a pour effet d'encrasser l'efficacité des entreprises et de mettre à mal le recrutement des plus méritants.

    Je me pose une question concernant Sarkozy :

    Si le chômage, la précarité, l'accès aux soins médicaux qui sont les vraies préoccupations des Français, l'ennuient, alors pourquoi (ou pour qui) est-il monté à la tête de l'état  ?

  • Pourquoi le buzz "Gold Fever" s'est révélé être un fiasco

    buzz,pepite d'or,gold fever,crans montana,flop,marketing viral,suisse,valais,office du tourismeJ'ai visionné un des reportages de l'émission "Mise au point" de la Télévision Suisse Romande. Il y était question de l'opération publicitaire "Gold Fever", réalisée par une agence de publicité (agence numéro10) suisse allemande pour le compte de la station de ski de Crans Montana.

    L'idée était de faire croire qu'une pépite d'or avait été trouvée dans la station par un touriste allemand qui, revenu au pays, s'était empressé de faire part de sa découverte à l'Office du Tourisme de Crans Montana. 

    La sauce a bien pris

    Les médias suisses et même étrangers ont relayé la fausse information. Ceci malgré le fait que les journalistes ont le devoir de vérifier leur sources. Alors ne font-ils plus leur boulot ou ne peuvent-ils plus le faire correctement ? Existe-il un journaliste complice dans le premier journal (Blick am Abend) qui a lancé l'information ? 

    Quoi qu'il en soit, la première étape était une réussite. 

    La sauce part en vrille

    A suivi une fausse vidéo, puis la révélation du canular pour la promotion de la station sous la forme d'un rabais de 33% à des dates prédéfinies, sur l'hébergement, le forfait et les cours de ski.  Les internautes étaient invités à se rendre sur le site "Gold Fever", conçu spécialement pour l'opération.

    Une fois l'attention ferrée, le poisson n'a pas mordu à la deuxième étape. Les gens n'ont pas jugé utile de donner suite à leur attention en profitant du rabais offert. 

    Ainsi, on apprenait à la fin du reportage que le résultat était de seulement 10 réservations pour l'offre !

    Sachant que l'opération publicitaire a coûté au total 300'000 francs, cela équivaut à 30'000 francs par tête  !  Même si ce chiffre a triplé depuis la diffusion du reportage, le résultat est un flop.

    Les raisons du flop

    Pour l'agence de publicité mandatée, c'était le plan parfait. Le bon vieux temps de la ruée vers l'or... L'histoire était palpitante, on avait envie de croire, en ces temps pénibles qu'il était encore possible de s'enrichir par la providence .

    - journalistes, des partenaires malgré eux

    Crans-Montana a bien berné les journalistes. Cependant, l'opération publicitaire prévue dans un deuxième temps, avec la révélation de la supercherie, a été relayée par les journaux de manière très brève. Pour doucher l'euphorie initiale, le terme péjoratif "coup publicitaire" ressortait clairement dans les articles.

    - la dichotomie entre l'histoire et la chute

    L'histoire de cette pépite est de l'ordre de l'exceptionnel et la chute de l'histoire est un... rabais de 33%... c'est d'un tel conventionnel qu'on ne s'y attendait pas !

    La chute de l'histoire n'était pas à la hauteur, la montagne a accouché d'une souris. 

    - un décalage entre la nature du message et la cible

    Qui sont les personnes principalement visées, si ce n'est les pères et mères de famille ? Lancer une fausse rumeur peut aboutir à un résultat concluant, mais tout dépend du produit, du service et du public visé.  La rumeur lancée pour la sortie du film "Le projet Blair Witch" a bien atteint son objectif. Cela tient à la nature du produit.  Un film c'est de la fiction. Une rumeur, c'est également de la fiction. Par voie de conséquence, la cible, en principe,ne le prend pas mal. 

    La rumeur est plus communément utilisée et adaptée pour vendre des produits ou des émissions à des adolescents. 

    - Une mauvaise relation

    L'agence publicitaire a bien réussi à engendrer l'attention. Cependant, elle était basée sur une "mauvaise relation" parce que tronquée. L'attention que nous avions accordée à cette nouvelle, en faisant confiance à ces branques de journalistes, nous a été soutirée indûment. Et dès le moment  où la duperie est révélée, dans l'esprit du récepteur se sont installés la suspicion, le blocage, le rejet face à l'idée proposée.

    - Un environnement socio-économique ignoré

    Nous sommes en pleine crise. Le chômage et la précarité explosent. C'est plus qu'une crise économique, c'est une crise de CONFIANCE. Entre les entreprises qui ont truqué leur compte comme Enron, les subprimes qui étaient notés triple AAA par des agences de notations et les banques qui nous font croire qu'elles sont victimes de traders hors de leur contrôle, les mensonges ont été les vecteurs de la crise.

    Ces agissements de cols blancs ont été possibles grâce au laxisme des politiques dans le domaine économique. La conséquence de cette crise qui aurait pu être évitée est que la population européenne aspirent à une société plus franche, plus transparente et plus fiable  !!! 

    Dans ce climat, lancer de cette manière une opération commerciale  est, à mon avis, irréfléchi. En vacances,  monsieur Tout-le-monde veut oublier le "marché" et ses mauvaises combines. Essayer d'attirer des vacanciers,  en pratiquant les combines du marché, c'est grotesque. C'est une cité hivernale, pas un DisneyLand. 

    Est-ce qu'un père de famille a envie d'aller skier dans une station qui se paie un buzz malhonnête alors qu'il essaie d'insuffler à ses enfants des valeurs comme la franchise, le respect de la parole, etc... ?

    - se servir du contrat de confiance entre les médias et les lecteurs

    Nous achetons des journaux pour lever un voile de vérité, comprendre les interactions de ce monde. Ce n'est vraiment pas l'endroit ou nous nous attendons à être les victimes d'une supercherie commerciale. L'histoire nous parraissait vraisemblable puisque nous faisions confiance aux journalistes et à leur déontologie. L'agence numéro10 a habilement abusé de cette relation de confiance. 

    Lorsque le lecteur s'est aperçu de la manipulation mercantile de Crans Montana, il s'est senti floué.

    Pour étayer mes dires, voici quelques commentaires trouvés sur le web :

    Journal le Matin :

    leboss | le 16 oct. 2011 à 17:13

    Heureusement le ridicule ne tue pas ( encore ) Ces grandes stations se croient tout permis et seules au mondes. Donnons un peu plus de crédit aux petites stations . Moins de pognon mais plus de chaleur humaine ou le touriste n'est pas qu'une machine à "pomper " le fric

    Tabla | le 16 oct. 2011 à 16:56

    Un humour très particulier du coté de Crans-Montana. Il faut vraisemblablement être du coin pour comprendre.

    http://blog.sixieme-dimension.ch  :

    4. Le samedi 15 octobre 2011 à 16:34, par Dr HS Varonier

    Après de faux-vrais slogans dénigrant la station, voici une fausse-vraie annonce sur un vrai-faux potentiel aurifère de ses environs ! Les spécialistes de la communication-marketing appointés par CMT ont raison de ne pas vanter les charmes et les atouts touristiques de notre Haut-Plateau! Il vaut mieux les ridiculiser avec de bien débiles "buzz"! Les autres stations valaisannes ne peuvent que s'en gausser, comme l'a déjà fait Verbier!

    7. Le dimanche 16 octobre 2011 à 20:19, par Gomez

    Mais on va continuer longtemps de prendre les touristes pour des neuneus? C'est ridicule d'agir comme ceci et ce n'est pas une PUB pour la région.

    http://www.lenouvelliste.me/fr/services/courrier/index.php?idIndex=&idContent=367283  :

    Fausse pépite d’or: quelle mouche a piqué l’OT de Crans-Montana?

    Que tant de gens se soient prêtés à ce jeu délirant est simplement honteux et pathétique.

    Bien piètre image pour la station du Haut-Plateau... Le ridicule ne tue pas? Espérons-le!

    No comment pour ces commentaires éloquents.

    - l'humain laissé de côté

    Le parent n'est pas en train d'acheter une paire de chaussures, mais un moment d'évasion, de communion avec sa petite famille.

    Il cherche de la convivialité pour ses enfants. Les rabais sont secondaires, de toute façon, il a l'embarras du choix de ce côté-là.

    - aucune différenciation envisagée

    Le coeur de la stratégie est en fait un rabais. On ne peut pas faire plus conventionnel. Au lieu de mettre toute les forces créatives pour générer de l'attention autour d'un vulgaire rabais, il aurait fallu commencer par ce qu'on voulait apporter de plus aux vacanciers. 

    Cette opération ne renforce pas l'ADN de Crans-Montana. Rien n'est proposé aux vacanciers comme service personnalisé ou amélioré. Rien pour se différencier, à part avec l'argent.  

    Le consommateur cherche vraisemblablement autre chose qu'un rabais. Peut-être un supplément d'âme comme la convivialité, la bienveillance des professionnels du tourisme et des habitants, leur envie de raconter et de faire partager leur amour de leur région. Un service personnalisé ou des événements hivernaux inédits. 

    En dehors de l'éthique

    Cette opération virale contrevient à l'éthique. En même temps, c'est rarement la préoccupation des communiquants. Pour certains, ce terme est ringard et anti compétitif. Uniquement utile si l'on travaille comme chargé de communication dans une ONG. Ils n'ont rien compris.

    Il suffit de voir les communications malhonnêtes des entreprises qui se font tailler en pièces sur le web. Etre méprisant, flouer les gens ou mentir ne pardonne plus. La communication qui scandait sa bonne parole depuis sa chaire, c'est fini !  

    Il aurait fallu choisir une agence RP !

    Si les responsables de la promotion touristique voulaient faire parler d'eux, ils auraient dû faire appel à une agence de relations publiques. Ils ont préféré une agence de publicité spécialisée dans le buzz.

    Seulement, le vacancier n'en a rien à secouer de savoir que Crans Montana a fait un buzz. Il ne va pas venir à la station pour ça. 

    Une agence de relations publiques aurait fait un travail de réflexion de fond. Ses collaborateurs scrutent l'actualité se plongent dedans, ils vont chercher, ce qui dans l'ADN de l'entreprise, pourrait faire le sujet d'un article captivant. Sinon, ils créent le chaînon manquant, sous la forme d'un événement ou d'un autre outil à leur disposition porteur de sens. 

    Cette rigueur de travail de qualité débouche sur une bonne couverture médiatique. 

    A contrario, l'agence de publicité mandatée par la station a créé une actualité montée de toute pièce et en porte-à-faux avec les attitudes et les valeurs de "monsieur tout-le-monde".

    Le défaut de certains publicitaires lorsqu'il veulent que les journaux parlent de leur opération, est leur fâcheuse habitude de jeter un pétard sur la place du village, un jour de marché. Une fois l'attention acquise, ils sortent de derrière un buisson en disant "Ca va tout le monde ? c'était pour vous dire...". Ils se focalisent uniquement sur leur effet de surprise, en omettant tout le reste.

    L'agence et l'Office du Tourisme de Crans Montana se sont fourvoyés. Dommage pour une station qui, selon son directeur de l'Office du Tourisme a perdu 1'200 lits en 20 ans ce qui fait une perte moyenne de 85 millions à 120 millions par année.

    Il ne suffit pas de faire parler de soi, encore faut-il le faire de manière concluante.

     Le buzz pour le buzz ne sert à rien !

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