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publicité B to B

  • Un afficheur fait sa pub sur un air de Banania

    La publicité a aussi sa publicité. Vous avez sûrement déjà entendu parler de cette campagne de l'afficheur Avenir avec cette formule "demain j’enlève le bas". Cette campagne sortie en 1981 est devenue mythique. Un petit trou de mémoire ? L'image vous rafraîchira la pensée.

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    Les publicités d'afficheurs parlons-en ! A ce propos, en me promenant à Lausanne, j’ai vu une étrange affiche flashy-rétro avec une police à la Shaft. La voici :

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    C’est une publicité en deux temps pour la Société Générale d’Affichage. Ca se voyait tout de suite que c’était une publicité de la SGA. Néanmoins, ce qui était évident pour moi ne l’est pas forcément pour les autres. Le mystèrieux Ali était suffisamment intrigant pour les lecteurs des journaux que le 24 heures, le 20 minutes et le Matin Bleu se sont empressés d’en faire une de leurs préoccupations éditoriales.

    Dans ces articles, les journalistes avaient émis l’hypothèse d’une campagne de la SGA. En effet, après un certain laps de temps, les affiches finales ont fait leur apparition sur les panneaux, révélant ainsi l’annonceur mystère... la SGA. Les journalistes ont alors refait des articles en cascade. Ce qui m’étonne, c’est qu’un journaliste du 20 minutes a cherché à savoir si les ventes de kebabs avaient augmenté. Son enquête envers différents acteurs de la branche démontra que l’effet sur les ventes avait été nul.

    En fait, sa question n'a aucun sens puisque cette publicité n’a pas pour but de favoriser les ventes de kebabs, elle s’adresse aux entreprises. Dans le jargon on appelle ça une publicité B to B (Business to Business). A ne pas confondre avec la publicité habituelle B to C (Business to consumers). Dans le cas de la campagne SGA, le but est que les entreprises augmentent leur busdgets affichages publicitaires.

    Dans la forme, cette publicité me rappelle la publicité pour Banania. Le fond jaune et le couvre-chef traditionnel, le sourire « bon enfant » et les yeux qui roulent sont des éléments que l’on retrouve dans les anciennes publicités de Banania. Il ne manque plus qu’un slogan avec une phrase approximative à la syntaxe turque. Ici on n’est pas dans la même situation mais  il y a un air de pseudo foutage de gueule. Encore une vision un peu caricaturale d’une communauté. Le pire c'est que ça se veut drôle et gentillet. Le résultat est niais.

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    L’affiche final est de la même veine avec cette tirade « 25 x in town ». Et le sympathique Ali apparaît fièrement avec sa cravate et devant deux de ses employés. L’image d' "Ali de Rotschild" qui a réussi à ouvrir vingt-cing boutiques me laisse perplexe. Qu’une publicité puisse avoir un tel impact tient de la science-fiction. Pour ouvrir une nouvelle boutique, il faudrait qu’il double ses ventes donc qu’il augmente ses ventes de 100 %, déjà c’est un gros objectif .. Mais de là à multpilier ses boutiques par vingt-cinq, cela revient à réussir le tour de main de multiplier son chiffre d’affaires de 2'500 % !

    Faut pas tirer de plan sur la comète ! Les exemples de publicité qui font augmenter, même à long terme, le chiffre d’affaire dans ces proportions ne sont pas légions ! La SGA surévalue l’efficacité de la publicité. Désopilant quand on s’aperçoit que la publicité semble s’essouffler et perdre de son efficacité.

     

    De Laurent Opoix