21/08/2010

Le publicitaire qui a inséré de la diversité et de la sincérité dans la publicité

jea-paul_Goude-publicitaire.jpgJean-Paul Goude. Ce gars-là a plus apporté à la publicité que Séguéla.

Jean-Paul Goude a un talent fou. Il n’a pas fait des publicités à l’américaine. Imposant son propre style il a donné une touche d’élégance de sensualité et d’absurdité salvatrice pour la publicité. Son fait d’arme qui m’intéresse est d’avoir amené sur la pellicule publicitaire de la couleur, de kodak ;-) et surtout des visages d’horizons pigmentaires différents.

Tout le monde a des défauts. La publicité a elle aussi ses casserolles. Accusée régulièrement d'être trop vulgaire, misogyne voire idiote elle exaspère  par ses défauts.

Par-dessus le marché elle a longtemps été trop ségrégationniste. C’est indiscutable or la faute revient pour une part aux entreprises. C’est elles qui ont le dernier mot, l’agence n’est qu’un prestataire à leur service. N’empêche que si les équipes des agences avaient des convictions et du caractère elles auraient pu faire changer les choses car il existe des exemples où des publicitaires se sont battus pour faire passer leur point de vue.

Il y a des personnes qui n’ont pas besoin de batailler pour imposer leur point de vue, leur talent et classe suffisent pour faire autorité. On leur fait crédit d’arguments et on leur donne carte blanche. Justement quand on te fait carte blanche, il n’y a rien de mieux que de la colorier et ainsi fêler les règles tacites comme celles qui étaient de mettre dans une publicité pour une voiture uniquement des personnes à peaux blanches ! Goude a amené Grace Jones dans la publicité et des mannequins de couleur.

Précisons que Goude n’a pas mis de la couleur dans la publicité par militantisme, c’était naturel, tout simplement par goût. Il le faisait déjà dans son travail de photographie avant d'entrer dans la publicité.

Son travail a participé à faire avancer les choses dans un milieu publicitaire fermé socialement et culturellement. Dans les publicités le consommateur ne se retrouvait ni dans son mode ni dans son environnement de consommation. Jean-Paul Goude a ouvert une porte et contribué à ce que les suivants fassent des publicités un temps soit peu mixée culturellement.

Une injustice totale qui durait depuis trop longtemps. Comment justifier qu’une partie de la population travaille (encore faut-il que les patrons daignent l’embaucher), consomme est bizarrement rayée médiatiquement. Les publicités ressemblaient aux séries d’AB productions comme l’aseptisée série Hélène et les garçons.

Le monde publicitaire n’était pas pire, c’est la société et ceux qui en détenait les clés qui ont imposé des comportements de recrutement et de promotion qui excluent encore aujourd’hui des personnes à cause d’une adresse située dans un quartier pauvre ou d’un nom à consonance pas très gauloise.

La représentation dans les entreprises, dans le journalisme et dans la publicité, de toutes les diversités (sociales et culturelles) qui composent une nation, est importante. Engager un collaborateur sur le fait qu’il a une pigmentation plus proche de la sienne alors qu’un candidat karlouche (noir) ou rebeu semble plus apte à un poste est une connerie sans nom !!! C’est contre-productif non ?!

Le monde de la publicité a fait preuve d’un conformiste incroyable face à l’etablishment. Dommage, la pub est passée à côté, elle aurait pu apporter sa pierre à l’édifice.

Voilà, j’ai écrit ce que j’avais à dire, maintenant, il faut que je dise ce que j’ai à écrire alors je vous laisse.

 

Laurent Opoix