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  • Le livre d'une légende de la pub : George Lois

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    Un livre de chevet pour moi, découvert par hasard à la bibliothèque :

    Sacrés bons conseils (for people with talent!) Comment débrider votre potentiel créatif par le maître américain de la communication. Rédigé par Georges Lois, aux éditions Phaidon. 

    Issu d'un milieu modeste, George Lois est le fils d'un immigré fleuriste grec.Il est devenu une référence dans le monde de la publicité aux Etats-Unis. Il a suivi une école d'art de New-York et fondera l'agence de publicité Paper Koenig Lois. C'est un ancien transfuge d'une des agences les plus créatives du 20ème siècle aux Etats-Unis, Doyle Dane Bernbach (DDB).

    J'avoue que j'ai toujours moins d'enthousiasme à lire un bouquin d'un directeur artistique. Je suis d'accord avec David Ogilvy quand il a écrit que la publicité souffre périodiquement de "direction-artisticose". Entre nous soit dis, la plupart des agences de renommée mondiale doivent leur existence à un ou une copywriter ? George Lois a balayé mon a priori, il est cultivé, et comme il le dit, les mots d'abord le visuel ensuite. 

    Le contenu évite les recettes de créativité et les procces de travail, trop lu partout.  La puissance est ailleurs; dans l'attitude. C'est sa philosophie "maison" qui a fait de lui un bon publicitaire. 

    C'est pas un manuel sur la publicité, c'est des réflexions et conseils d'un publicitaire humaniste génial.

    C'est, comme il est écrit dans le livre "Le monde de la pub" de Mark Tungate, un des mauvais garçons de la publicité, qui voulait secouer le côté "protestant" de Madison Avenue. Homme de caractère, il ne transige pas avec ses valeurs. Il sort vraiment de la norme. Ancien volontaire de la Guerre de Corée, il s'est engagé pour les droits fondamentaux en allant par exemple manifester aux côtés du boxeur de Muhammed Ali et créant une annonce pour éviter, à un homme noir accusé à tort, de finir sur la chaise électrique. Il a menacé un patron de se jeter par la fenêtre tout en enjambant le parapet d'un building pour que ce dernier revienne sur sa décision de rejeter sa proposition de pub.

    C'est naturellement, qu'un jour, il dit à un annonceur qu'il l'emmerde, lui et sa compagnie d'aviation. L'annonceur refusait de repousser une publicité peu après l'annonce de la mort de Kennedy et venait de lui avouer que le staff de son entreprise avait fêté la mort de Kennedy. La bravoure de George Lois dont il mesurait les conséquences lui vaudra la perte de ce gros annonceur sudiste.

    Je vois mal quel publicitaire de la place aurait le cran de se comporter ainsi ! Ils marchent quasi tous sur leurs valeurs (quand ils en ont) quand il s'agit de fric.

    Les conseils sont percutants et toujours accompagnés d'explications amusantes et d'anecdotes. 

    Je vous retranscrits une partie des conseils. Sauf exception du conseil no 92, je n'y mets pas les explications intéressantes qui les accompagnent, pour cela, procurez-vous le livre.

    92. Pourquoi je n'aime pas être pris pour l'ancêtre des Mad Men (et pourquoi, si vous êtes sensible à mes arguments, vous voudrez suivre mes traces).

    (...) Cette série exaspérante et saturée d'eau de rose se déroule dans des bureaux somptueux où des crétins endimanchés sautent des secrétaires pleines de reconnaissance et toujours bien coiffées, enchaînent les martinis et les cigarettes tout en concevant des pubs débiles et sans vie (nulle trace du mouvement pour les droits civiques, de celui, naissant, de la libération de la femme. des ravages de la guerre du Vietnam ni des autres séismes survenus durant cette décennie agitée qui a changé à jamais notre pays).

    Plus je pense à Mad Men, plus je prends cette série pour une insulte personnelle. Alors écoutez-moi bien, Messieurs les "Mad Men", ramassis de pubards en toc et en flanelle grise, de machos sans talent, aussi blancs que vos chemises, de racistes, d'antisémites et de républicains : allez vous faire foutre !

    2. Je suis comme je suis et il faut me prendre comme je suis." Devise de Popeye.

    "Que vous soyez homme, femme, noir, asiatique, typé ou homo (et quelque soit votre métier), vous êtes comme vous êtes, alors soyez fier de ce que vous êtes ! Ne changez pas de nom, ne changez pas d'accent, ne changez pas de culture, n'ayez pas honte de vos origines modestes. Soyez en accord avec vous-même et vous serez en accord avec les autres."

    10. Mon premier commandement : d'abord les mots ensuite le visuel. 

    14. Une tendance est toujours un piège.

    19. Soit on est prudent soit on est créatif

    26. Non à l'analyse qui paralyse. Fiez-vous à votre flair

    27. Travaillez en équipe , c'est sûrement bien pour construire une grange pas pour trouver une Grande Idée.

    46. Beaucoup de gens cherchent plus à garder leur travail qu'à faire du bon travail

    50. Les enquêtes sont les ennemies de la création, sauf s'il s'agit de vos propres enquêtes et si elles sont "créatives" (hé,hé).

    54. Ne vous laissez jamais emmerdez

    55. Au nom de l'intégrité, osez dire la vérité à la face des puissants

    62. En communication, une bonne idée doit provoquer un moment de stupeur : elle doit donner l'impression d'aller trop loin

    65. Pour nourir et aiguiser constamment ma réflexion conceptuelle, je me rends religieusement au musée. Tous les dimanches.

    76. A une époque où les héros passent pour des médiocres et où les médiocres sont adulés, une image créative peut faire passer un message fort.

    86. Poursuivre la lutte contre le racisme qu'elle qu'en soit le prix

    93. Si vous vous comportez comme les dépravés de Mad Men vous courrez à votre perte

    100. Avant d'attaquer une journée de réflexion créatrice, il me manque quelque chose si je n'ai pas lu le New-York Times.  

    101. Si vous  êtes un homme et que vous pensez encore qu'une femme ne peut pas rivaliser avec vous, vous risquez de déchanter très vite.

    109. Travaillez détendu

    113. Rendez hommage à vos mentors (si vous prétendez ne pas en avoir, vous êtes un menteur et un ingrat).

    117. Vous ne serez jamais le créatif que vous rêvez d'être si vous ne savez rien du passé.

     

    En clair, ouvrez-vous l'esprit, soyez cultivés, défendez vos idées créatives, défendez vos valeurs y compris dans votre travail. 

  • Biographie monstre ratée de Paul-Loup Sulitzer

    J'adore les biographies et autobiographies. Rien de bien intéressant depuis un moment côté sorties, puis au hasard d'une émission sur France info, j'apprends l'arrivée en libraire de la biographie de Paul-Loup Sulitzer, intitulée, tenez-vous bien, "Monstre sacré".

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    Ses livres me sont incconnus mais son parcours promettait à mes yeux une biographie intéressante. Sa qualité d'autodidacte et sa fibre entrepreneuriale - il a commencé par monter une entreprise - sont des qualités qui m'intéressent. Il est venu sur le tard et par hasard à l'écriture de romans. Sa biographie avait un potentiel intéressant.

    Je me procure le livre, le lis et surprise ! De toute les biographies que j'ai lues c'est la pire.

    C'est un sacré bordel. Il y a une chronologie très vague à la "Code Quantum".  Déroutant, cela commençait mal. Malheureusement, le reste était du même tonneau.

    J'ai cru à un moment que c'était un canular orchestré par les Yes Men.

    Les choses intéressantes il les développe pas, il se contente de les survoler. Les anecdotes sont rares et d'une banalité affligeante alors qu'il a sûrement de quoi raconter de ce côté là. Par exemple, il parle d'une rencontre avec Marlon Brandon mais on ne connaît pas la chute comme si interrompu il avait quitter son clavier en plein milieu de l'histoire sans jamais la reprendre.

    Au début ça va, il parle du cadre familial puis il parle du rapport négatif qu'ont les français avec l'argent. En gros les Français ont un gros problème avec ce sujet. Bref, Paul-Loup, on s'en fout et pour une fois qu'un pays ne met pas l'argent comme valeur suprême....

    Plus loin, le livre prend clairement une tournure de règlement de comptes contre des médias et le milieu littéraire Objectivement les attaques portées contre lui était la plupart du temps à côté de la plaque ou disons à côté de son personnage mais de là à occuper autant de pages dans une biographie, ça lèse le lecteur qui attendait autre chose. Seulement, il continue avec son ancien beau-père, qui, effectivement, est un vrai escroc.... Mais franchement autant de lignes pour cet escroc Jacobson....C'est la biographie de Paul-Loup ou de l'ex beau-père Jacobson ? Merde quoi !

    Ces lourdes et longues attaques mangent le livre, il ne reste plus qu'un trognon de vie à lire. 

    La fin du livre est un résumé des derniers ouvrages qu'il a écrit de la main des autres. Comme s'il voulait faire un peu augmenter les tirages de ces derniers bouquins. Et puis question cruciale, pourquoi, oui pourquoi parle t-il soudainement de la Nouvelle-Calédonie de long en large alors que ça n'a eu aucune influence décisive sur sa vie ? On devine qu'il a découvert cette région dernièrement et aime y passer ses vacances. Quel intérêt si ce n'est aucun ? Le point d'orgue du livre c'est quand il dit qu'il est le seul écrivain qui a tout prévu avant tout le monde.... de la chute du mur de Berlin à la crise actuelle. 

    Je rêve mais non c'est pas tout.

    Il déclare sans rire que ces 50 ans dernières années en littérature, il ne faut retenir que Sagan et lui-même.

    Alain Delon est quelqu'un de mégalomane mais croyez-moi à côté de Sulitzer c'est rien. Je savais pas qu'il était à la base de tout, Sulitzer. Il déclare qu'il est l'inventeur du marketing littéraire. Si ça peut lui faire plaisir.

    Sans oublier son grand projet de concurrencer Disneyland avec un immense parc d'attraction dédié... au comte Dracula, prévu en Roumanie. Je vous jure ! D'après lui, Dracula pour les roumains c'est comme Bruce Lee. Si tu as pas envie de rire quand tu lis ça c'est que t'as subi une opération et que tu veux pas te faire péter les fils de suture. 

    Alors attention si vous vous battez avec des roumains, ils mordent !

    Comment lui dire ? Je laisse les enfants expliquer ä Paul-Loup pourquoi ils préféront toujours aller à Disneyland que de se bouger jusqu'au fin fond de la Transylvanie pour Dracula Parc.

    La Fin du livre nous tire d'affaire mais c'est sans compter sur le sens du feu d'artifice de Sulitzer.  Généralement un auteur finit par des remerciements à ses collaborateurs et intimes, mais lui NON !

    Fallait voir plus GRAND !!!

    Je vous rappelle quand même que selon des sources proches et sûres c'est l'inventeur du marketing littéraire. Et voilà, son esprit génial invente quand tu t'y attends le moins, le listing littéraire !

    Il nous offre une liste interminable : amis, connaissances, rencontres. Il doit y avoir au bas mot, plus d'un demi millier de noms ! 

    L'impression donnée est qu'il veut frimer avec les grands noms côtoyés. Il y a tout le gotha parisien et extra muros et même des gens extradés de leur cerveaux. 

    Les extradés du cerveaux : Arthur, Massimo Gargia, Frigide Barjot, Benjamin Castaldi, Marc-Olivier Fogiel, Jean-François Copé, Sophie Davant

    Des types qu'il a croisé, bonjour au revoir ! : Harrison Ford, Franck Sinatra, Yul Brynner, Elvis Presley

    Des plus intimes : L'Ami Louis

    C'est vraiment la première fois que je vois ça. 

    Ca permet à des nuls de la télé de la liste d'être flattés et de l'inviter. C'est un peu la liste du bac certains où les people demeurés vont voir s'ils sont sur la liste et si oui, achèteront le livre parce que leur nom figure dessus.

    En résumé ce livre tout en modestie est une coquille vide sans grand intérêt. 

     

     

  • Lire Viva Favela et forcer le destin

    Viva favela. 

    Il s'agit du titre d'un livre sorti en 2009. Une de mes lectures préférées. 

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    Tout l'opposé d'un Viva Las Vegas. Viva Favela ou lorsque les laissés-pour-compte forçent le destin et arrivent à faire plier l'Etat à plusieurs reprises.

    Un livre qui retrace - si je me souviens bien - plus de trente ans de l'histoire d'une favela  et le combat  de ses habitants pour avoir une vie plus digne. Partez loin des valeurs futiles de l'occidental moyen. Ce dernier est tellement éclairé de nos jours qu'il a besoin de trois coaches pour le guider dans sa vie !

    Ce livre vous fera sortir du cadre traditionnel.

    Oubliez l'immédiateté, oubliez les effets d'annonce, oubliez les démiurges du développement personnel, oubliez la rentabilisation de tout y compris de vos loisirs, oubliez la réalisation de soi au détriment du bien commun,ici pas de blabla mais des actes. Approchez l'espérance, le terrain, la simplicité, la fraternité et surtout la volonté de niquer le destin; c'est ce qui se dessine au fil des pages de ce livre passionnant.  

    Entrez dans la vie de cette favela qui va devenir un modèle dans tout le Brésil puis dans plusieurs pays sud-américains.

    De multiples combats avec à la clé une amélioration du bien-être des personnes de la Favela et la création d'un système de micro-crédit révolutionnaire.

    Au départ de cette fabuleuse aventure : un homme; une écoute, une présence auprès des pauvres. Un profil loin des diplômés MBA ou de la Business School of blabla. 

    Non.

    Un homme de foi nommé Joaquim Melo : un séminariste pauvre et syndicaliste.

    Ce petit bonhomme va mettre en place un modèle de prêt solidaire plus efficient que celui de l'économiste et Prix Nobel de la paix, Muhammad Yunus ! 

    Avouez que ça tâche le CV et troue l'attaché-case du petit manager made in HEC.

    Depuis le caniveau, à force de bon sens, de combats, de détermination, Joaquim Melo favorisera la vie économique de la communauté et améliorera les conditions de vie des habitants. Il redonnera de la dignité à cette favela.

    La naissance de cette favela commence par l'expulsion des habitants d'un quartier pauvre au bord de la mer pour laissez place nette à des brésiliens nantis qui aimeraient bien se dorer le pilule avec leur poule de luxe au soleil et garer leur horrible Porsche Cayenne à l'ombre d'un cocotier. 

    Nullement relogés mais déplacés sur une parcelle sur laquelle, ils ont dû construire leur maison dans un laps de temps serré avec ses petites économies. Un quartier qui pataugent dans l'eau à chaque forte pluie et relié en rien par les services de la voirie de la ville attenante. Il va falloir organiser un service funéraire, créer une grande crèche et entamer différents bras de fer avec l'administration pour avoir, par exemple l'accès à l'eau courante et avoir des égoûts. Une récolte historique de la mémoire commune de la favela sera également mise en place.

    Un no man's land qui va faire parler de lui dans tout le Brésil et devenir un modèle pour d'autres favela. Naîtra de cette aventure la banque Palmas gérée par les habitants et qui a essaimé au-delà du Brésil.

    Un antidote bienvenu dans le discours fataliste et simpliste sur la pauvreté.