23/06/2010

J'ai mal à ma boîte aux lettres

Ma boite aux lettres a été souillée par une publicité tout-ménage réalisée sous l’aspect du journal  20 minutes mais avec du contenu d’extrême-droite. Quel effroi ! Malgré tout le savoir et l’intelligence que l’école nous a inculqués, je suis sidéré de constater que l’histoire humaine fait du moonwalk.

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Fidèle à leur haine
La vision borgne de l’UDC est toujours aussi puérile. Un ramassis compact de vociférations. Extraordinaire, ils arrivent à détacher leur politique de toute variable économique comme si leur programme flottait en l’air, rattaché à aucune loi économique !
Ils ne savent qu’afficher des graphiques qui ne font que monter ou descendre.  Ils n'apportent aucune idée. Leur torchon est un réquisitoire contre ce qu'ils nomment "les gauchistes" et les étrangers.  Comme  à leur habitude, ils n'oublient pas de zoomer sur les faits divers. L’étranger serait le coupable de toute la violence et la misère en Suisse.
Pathétique quand on sait que la force bancaire suisse dont est si fier l’UDC vient des huguenots français. Il y a de quoi se péter la mâchoire de rire !
Ce « journal » est l’œuvre d’une agence de communication lausannoise. Je n'ai pas l’intention de jeter l’opprobre sur cette agence, elle fait ce qu’elle veut. Après tout, les avocats défendent bien des haineux. Moi, je ne ferais rien qui puisse faire avancer l’idéologie de ce parti infernal. Je n'ai pas envie de puer du cœur.  Pas question de trahir mes valeurs.

Est-ce qu’une agence devrait faire l’impasse sur ses convictions au nom du business ?

C’est plutôt une question d’accord avec ses principes et non de considération économique. Une agence peut très bien refuser un mandat pour des raisons éthiques ou j’ai envie de dire de sécurité humaine. Faut-il faire fi de ses convictions car les sentiments seraient néfastes pour l’économie ? Peuchère ! il ne faut pas se laisser s’emboucaner !

Les exemples de publicitaires valeureux.

Le choix de l’illustre publicitaire  Abott démolit cette pensée du profit avant tout. Il est l’un des fondateurs de l’agence AMV qui fusionnera plus tard avec BBDO. Abott a toujours refusé de faire de la publicité pour les cigarettes, son père fumeur étant décédé d’un cancer du poumon. Il faut quand même saluer ce geste, que l'on soit pour ou contre car il faut reconnaître que les budgets des cigarettiers représentaient une manne financière importante. Je lui retire mon chapeau d’avoir su rester fidèle à ses convictions.

Vous ne voyez pas le parallèle ? C’est pourtant évident tout comme le tabac la haine peut tuer.

On peut donc même se passer d'un budget qui permettrait de garnir les caisses d’une agence et on peut également se battre pour une noble cause comme l’a fait l’agence sud-africaine Lascaris/Hunt.

Immense estime que j’ai pour cette agence sud-africaine Hunt/Lascaris qui avait été choisie en 92 par l’ANC (Mandela) pour mener campagne à leurs côtés. Ils ont choisi Monsieur Lascaris parce qu’il avait écrit, dix ans plus tôt, le livre « le destin du Tiers-Monde » qui dénonçait la ségrégation raciale des marchés. Il y plaidait pour une publicité destinée à tout le monde. Son agence employait 30 % de noirs au début des années 90, ce qui  constituait une exception dans le milieu. En acceptant le budget ANC, Lascaris et son associé Hunt, ont pris position contre l’apartheid, un geste digne et courageux non dépourvu de danger. Ils ont fait l’objet de menaces de mort et d’alertes à la bombe. La suite on la connaît.

Je pars en musique avec ce titre "y a pas de couleurs" de l'artiste Kerry James.


Kery james feat kader(y'a pas de couleur)live 2009.olympia

Laurent Opoix avec des références tirées du livre «  Le monde de la pub » de Mark Tungate.

Ma boite aux lettres a été souillée par une publicité tout-ménage réalisée sous l’aspect du journal  20 minutes mais avec du contenu qui était celui du parti d’extrême droite, l’UDC. Quel effroi, malgré tout le savoir et l’intelligence que l’école nous a inculquée, je suis sidéré de penser que l’histoire humaine fait du moonwalk.

La vision borgne de l’UDC est toujours aussi puérile. Un ramassis compact de vociférations de barjo-éructus. Extraordinaire qu’ils sont, ils arrivent à détacher leur politique de toute variable économique comme si leur programme flottait en l’air, rattaché à aucune loi économique. Ils ne savent qu’afficher des graphiques qui ne font que monter ou qui ne font que descendre.  Ils n'apportent aucunes idées ça ferait trop mal à la tête de leur lectorat de leur dire des choses intelligibles, de toute manière ils en sont incapables. Leur torchon est un réquisitoire contre  les gauchistes et les étrangers et bien sûr ils n'oublient pas de zoomer sur les faits divers de violence. L’étranger serait le coupable de toute la misère suisse. Pathétique quand on sait que la force bancaire suisse dont est si fier l’UDC vient des huguenots français, il y a de quoi se péter la mâchoire de rire !

Ce « journal » est l’œuvre d’une agence de communication lausannoise. Je n'ai pas l’intention de jeter l’opprobre sur cette agence, elle fait ce qu’elle veut. Après tout, les avocats défendent bien des haineux. Moi, je ne ferais rien qui puisse faire avancer l’idéologie de ce parti infernal c’est une hygiène morale j’ai pas envie de puer du cœur.  Pas question de trahir mes valeurs.

Est-ce qu’une agence devrait faire l’impasse sur ses convictions au nom du business ?

C’est plutôt une question d’accord avec ses principes et non de considération économique. Une agence peut très bien refuser un mandat pour des raisons éthiques ou j’ai envie de dire de sécurité humaine. Faut-il faire fi de ses convictions car les sentiments seraient néfastes pour l’économie ?

Peuchère, il ne faut pas se laissez s’emboucaner !

Le choix de l’illustre publicitaire  Abott démolit cette pensée. Il est l’un des fondateurs de l’agence AMV qui fusionnera plus tard avec BBDO. Abott a toujours refusé de faire de la publicité pour les cigarettes, son père fumeur étant décédé d’un cancer du poumon. Il faut quand même saluer ce geste qu’on soit pour ou contre car il faut reconnaître que les budgets des cigarettiers représentaient une manne financière importante. Je lui retire mon chapeau d’avoir rester fidèle ses convictions.

Vous ne voyez pas le parallèle ? C’est pourtant évident tout comme le tabac la haine peut tuer.

On peut donc même se passer de budget qui permettrait de farcir les caisses d’une agence et d’asseoir sa survie financière et on peut également se battre pour une noble cause comme l’a fait l’agence sud-africaine Lascaris/Hunt :

Immense estime que j’ai pour cette agence sud-africaine Hunt/Lascaris qui avait été choisie en 92 par l’ANC (Mandela) http://www.nobel-paix.ch/paix_p1/anc.htm pour mener campagne pour eux. Ils ont choisi Monsieur Lascaris parce qu’il avait écrit dix ans plus tôt le livre « le destin du tiers-monde » qui dénonçait la ségrégation raciale des marchés, il plaidait pour une publicité destinée à tout le monde. Son agence employait au début des années 90, 30 % de noirs ce qui étaient une exception dans le milieu. Lascaris et son associé Hunt en acceptant le budget ANC ont pris position contre l’apartheid, un geste digne et courageux non dépourvu de danger. Ils ont fait l’objet de menaces de mort et d’alertes à la bombe. La suite on la connaît.

Je me suis inspiré du livre «  Le monde la publicité »

Si ce billet dérange les esprits grincheux qu’ils s’en accommodent ma boîte aux lettres elle, n'a pas demandé à être profanée. J’accepte la publicité sinon j’aurais mis un autocollant pas de publicité svp. Je vais devoir inventer l’autocollant « pas de propagande UDC »

31/10/2009

La liberté d'expression peut-elle tout justifier dans la publicité commerciale ou politique ? Petite mise au point à ceux qui la brandissent à tire-larigot.

Les deux publicités politiques incriminées

J’aimerais revenir une minute sur ces pub. Il y a une première affaire de l’affiche du parti de l’UDC qui milite pour une votation anti-minaret. Ca donne un visuel fourbe et pernicieux. Pour preuve ils choisissent de personnifier la religion musulmane par une femme qui porte ce que je crois être la niqab alors qu’une seule fois dans ma vie j’ai vu une personne en porter une en Suisse. Ils prennent une infime minorité pour représenter la population musulmane en Suisse. C’est un visuel qui rappelle la propagande de cet ancien parti germanique au brassard noir et rouge qui a fait basculer une partie de l’humanité dans ce qu’elle a de pire en elle en faisant sombrer des peuples entiers dans l’atrocité.

La deuxième affaire est l’encart publicitaire paru dans le Journal de Genève qui concerne la construction d’une ligne ferroviaire RER entre Genève et Annemasse appelée le CEVA. L’annonceur de cette publicité est de nouveau le parti politique d’extrême droit UDC qui milite contre cette ligne de train. Le slogan rationnel tout en finesse est le suivant «Le CEVA? Un nouveau moyen de transport pour la racaille d'Annemasse! Expulsons les criminels étrangers! Ne leur offrons pas encore un accès à Genève!»

Pas de figure de style ! Rien que de la vocifération premier degré. Dépourvu de complexe les xénophobes et racistes ! Faut quand même être sacrément limité pour s’opposer à une ligne ferroviaire d’une dizaine de kilomètres dans une ville qui a un aéroport d’où partent et arrivent des avions qui vont un peu plus loin qu’Annemasse... Faudrait à ce moment là pour l’UDC proposer de faire un aéroport qui ne desservirait que les villes de Suisses, histoire de tourner en rond. Ça aurait le mérite de brasser de l’air comme ils savent si bien le faire. Une intiative de loi pour demander le départ de Genève du Siège de l’ONU pendant qu'ils y sont !

Trêve de plaisanterie. A travers cet encart, le parti raciste utilise un sentiment primaire anti-français et anti-frontaliers bien ancré dans la population romande. Ce parti utilise depuis toujours l’irrationnel, la peur pour communiquer.

La défense du journal de Genève dans l’affaire de la publicité xénophobe.

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Suite à la publication de l’encart publicitaire, le journal va essayer de se justifier.

Dans un éditorial de la tribune de Genève on lit ceci "Il est sain en démocratie de maintenir la plus grande liberté d'expression possible dans les limites du droit, bien entendu". Selon Pierre Ruetschi rédacteur en chef de la Tribune de Genève "ce n'est pas à la presse de censurer les candidats mais bien aux citoyens des les sanctionner dans l'isoloir"»

Il ne s’agit pas de censurer un parti en le bâillonnant mais de ne pas laisser passer des publicités politiques qui insultent les gens. Si c’était une chaîne de boulangerie qui aurait émit ce message ce serait la même chose. Le parti aurait pu faire une campagne publicitaire sans insulter les gens d’Annemasse ! Là ça n’aurait posé aucun problème.

En fait, il faut comprendre que la Tribune de Genève s’en lave les mains et qu’il faut laisser passer des publicités politiques xénophobes qui insulte et dénigre des gens et cela au nom de la liberté d’expression ; au citoyen de faire son boulot. En plus la Tribune se drape dans le droit en laissant entendre qu’elle s’en fout elle de toute façon elle est couverte.Ca mérite des applaudissements !

Il est vrai que le législateur n’a pas jugé bon de trop réglementer la publicité pour ne pas l’entraver dans sa créativité. Le législateur a décidé de faire confiance à la capacité des acteurs de la publicité (les annonceurs, les agences, les supports, les diffuseurs) pour s’auto discipliner à l’aide de la déontologie du milieu. Apparemment le diffuseur des espaces publicitaires de la Tribune de Genève a perdu son fascicule de déontologie ou alors la déontologie de la profession va à l’encontre de la théorie et de la doctrine du marketing.

J’avais lu un livre d’un auteur reconnu par ses pairs (David Ogilvy sauf erreur) qui disait clairement que la publicité ne devait pas être utilisée si elle portait atteinte à la croyance ou à la culture des gens, elle se devait de ne pas blesser ou humilier aucun un groupe que ce soit. Et c’est revenu ça et là lors de mes autres lectures dans des chapitres relatifs de près ou de loin à l’éthique. C’est bizarre non ?

L’auto régulation devrait même être plus stricte que ce que permet la loi. Et je cite une question posée par Dominique Lavanant extrait de son excellent livre concepteur-rédacteur en publicité « Cette autonomie déontologique de la publicité est-elle suffisante pour éviter des dérapages intempestifs, néfastes tant aux consommateurs qu’à l’image même de la profession ? »


Passons maintenant au communiqué de la publicité suisse, suite à la décision de certaines villes d’interdire l’affiche de l’UDC. Pour rappel voici l'affiche :

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Voici ce que dit le communiqué de presse de publicité Suisse suite à l'interdiction par certaines municipalités d'interdire l'affiche :

Communiqué No 2009001 : INTERDICTION DE L’AFFICHE UDC « anti-minarets », une censure regrettable

Publicité Romande n'entend pas s'immiscer dans le débat politique.

Au nom de la liberté d'expression politique et publicitaire elle regrette et condamne cependant la position de certaines villes en Suisse d'interdire cette affiche.

La création publicitaire en affichage ne peut fonctionner que sous forme d'un fort concentré des idées défendues, ne laissant pas place aux nuances. L'histoire de l'affichage politique en Suisse regorge d'exemples où le graphisme force sans compromis et jusqu’à l’excès le trait de la communication. Ce sont les contraintes de ce média qui imposent cette situation.

Ces affiches ont pourtant été placardées sans problèmes à une époque où notre société était moins ouverte qu’aujourd'hui, mais il est vrai aussi moins influencée par le « politiquement correct ».

La position de Publicité Romande se résume dans cette phrase de Voltaire :« Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire».

La publicité politique n’est citoyenne que si elle permet un large débat démocratique et refuse de se teinter d’hygiénisme moral ou de censure.

De surcroît les règles éthiques d’autorégulation qui prévalent en matière communication commerciale ne peuvent s’appliquer au débat politique. Dans une démocratie vieille de plus 700 ans, le citoyen est libre et adulte. Laissons aux média publicitaires leur liberté d’expression et aux citoyens leur liberté de penser.

La publicité suisse condamne, voilà qu’elle se prend pour une autorité judiciaire ! Qu’elle porte plainte si elle est réellement dans son droit ! Elle reconnaît elle-même qu’il y a un excès mais elle ne fait rien. Ce sont soi-disant les contraintes, n’importe quoi !

Il est vrai ont été placardées par le passé et ça a fait un tollé. Elles n'auraient pas dû être permise à cette époque et les décideurs politiques de bon sens pensent que cette fois la récré a assez duré. Ce qui était permis hier ne l'est plus forcément aujourd'hui et alors ?Pour moi la démocratie n'est pas faite de "- tiens fait ce que tu veux sans rendre de compte  à personne !"  La démocratie est une discipline de tous les jours, elle ne tombe pas du ciel et ce qui était permis hier le sera plus aujourd'hui pas parce que l'on devient politiquement correct mais parce que la démocratie est perfectible. La démocratie ne se réduit pas aux libertés c'est aussi des règles à respecter pour que toute le monde vive en harmonie. Heureusement que l'équanimité de certains est contrebalançé par des décisions municipales.

Ensuite, la personne qui a rédigé ce communiqué va employer un philosophe mort pour servir sa cause, c’est une technique pratique car il ne risque pas de venir le contredire de sa tombe Le procédé de citer un philosophe n’est pas un mal.

C’est même une excellente idée a priori. Excellente parce que Voltaire est un de ceux qui ont participé à faire avancer notre société sur certains droits humains et que c’est  une figure très connue jouissant d’une grande aura. Sa prose, sa rhétorique ses idées, ses prises de positions font de lui un homme brillant, là n'est pas le problème.

En réalité dans ce cas précis, citer Voltaire est une mauvaise idée de communication. En effet, le philosophe souffre d’une vilaine tare. Extrêmement gênant pour une figure d’autorité morale et corrosif pour sa posture d’humaniste.

Il était dans son domaine en avance sur son temps. Cependant il était à certains égard aussi stupide que ses contemporains. Au fil des lignes de son excellent mais contrasté livre « le Traité sur la Tolérance » on s’aperçoit que ce personnage voue une véritable haine pour une certaine religion.

Dans ce livre Voltaire brille dans son plaidoyer mais soudain au contour d’une ligne son esprit s’enlise dans une haine irrationnelle. Voltaire n’était pas le bon alibi pour se défendre dans une affaire de dénigrement d’une religion. En clair, Voltaire était haineux envers les juifs et méprisait la religion musulmane et n’avait pas de considération pour la religion chrétienne. Voltaire n’est pas ce qui se fait de mieux en matière de respect des croyances. Le choix de ce philosophe est maladroit. Si c’est calculé, on est en présence d’une provocation ou alors Publicité Suisse n’a pas lu un seul livre de Voltaire.

Plus tordu encore est le fait de prendre une phrase d’un auteur pour défendre la publicité commerciale alors qu’il vécu il y a plus de 200 ans à une époque où la publicité n’existait pas ! Certes il fut un des inspirateurs pour certains droits humains mais nous avons depuis 200 ans fait des légers progrès. Faut relativiser sa valeur intellectuelle actuelle car dans son domaine son esprit n’était qu’au prémice d’un embryon des droits humains.

Il parle de liberté d’expression mais si on prend l’esprit de sa phrase, il pensait par rapport à son époque, c’est-à-dire une libre diffusion des idées par des livres ou sur une tribune ou un tabouret dans un parc. Il défendait la liberté d'expression mais il la concevait sous la forme d'arguments tangible. Croire qu'il concevait l'expression d’une idée par des slogans haineux sur les panneaux publicitaires de la ville est stupide !Ca fait une nette différence entre des idées accessibles par l’achat d’un livre et des slogans et/ou des visuels haineux aux yeux de tous les badauds qui n’ont rien demandé. Voltaire n’aurait certainement pas admis que des infamies soit diffusé sur les murs des villes. Citer un auteur qui vivait à une époque ou le problème n’existait pas est fourbe.

Venons en au terme d’hygiéniste morale terme péjoratif employé par publicité suisse qui montre bien qu’elle n’aime pas qu’on se mêle de ses petites affaires.

Est-il objectivement moins bête de laissez les gens se faire salir ou alors bloquer une pub afin que d’empêcher une atteinte ? Est-ce être citoyen de ne rien faire pour empêcher qu’une religion soit traînée dans la boue ? Est-il opportun de parler de démocratie alors que l’on bafoue la dignité de personnes ?

Le citoyen est libre et adulte. C’est beau comme un œuf ! A preuve du contraire une affiche est aussi bien vue par des adultes que par des mineur(e)s. Cette affiche exprimée par un dessin parle aussi bien aux adultes qu’au mineurs sauf que ces derniers n’ont pas la même capacité à décrypter les mécanismes de communication.

Le communiqué de presse se termine par un final démagogique… la  liberté de penserCiter du Florent Pagny fait tout son effet on a même en mémoire la mélodie qui va avec. La liberté de penser n’a jamais été remise en cause par les gens qui ont émit un avis objectif contre cette pub. La liberté de penser pfff!… Il ne s’agit pas de ça du tout. Vous pouvez penser que Bertarelli est un crétin mais vous ne pouvez certainement pas acheter des encarts publicitaires pour le mettre noir sur blanc.

Nous pouvons penser toute les saloperies que nous voulons tant que çela ne sort pas de notre tête pour aller souiller l’espace publique.

N'en déplaise au pseudo défendeur de la liberté d'expression ou plutôt de la liberté de se faire du pognon quitte à vendre père et mère. Le monde  est relativement bien fait puisque toutes les libertés sont délimitées par des garde-fou. Le législateur a prévu quand même des limites pour qu’une liberté ne viennent pas empiéter sur d’autres droits fondamentaux. Des restrictions sont là pour nous protéger des abus. Et puis à défaut de me répéter, les libertés sont liées entre elles et prennent tout leur sens si elles se préservent les une des autres.

Je vous restitue  un extrait de phrases tirée du livre Droit constitutionnel Suisse de A. Auer, G. Malinverni et M.Hottelier « l’article 261bis du code pénal constitue une restriction sensible à la liberté de communication. Cette disposition punit les propos, les gestes, les comportements, les publications et les autres comportements qui abaissent une personne d’une façon qui porte atteinte à la dignité humaine en raison de son appartenance ethnique, raciale ou religieuse(…) Le tribunal fédéral a soigneusement défini le but de cette disposition- à savoir la protection de la dignité de chaque personne en raison de son appartenance à une race , une ethnie ou une religion- et analysé en détail les différents éléments constitutifs de l’infraction. »

Petite parenthèse qui montre quand même la limite de l’auto régulation des acteurs publicitaires. Les pontes de la déontologie publicitaire comme le BVP en France laisse passer parfois des pub hors la loi. Exemple : En 2005 un spot publicitaire pour une marque de vêtement utilisait la Cène : Résultat l’afficheur et l’agence se prennent une amende et doivent retirer l’affiche sous peine d’être pénaliser de 100'000 euros par jour. Oui montrer Jésus nu insulte la croyance des gens. Cela se respecte c’est pas compliqué à comprendre encore faut-il avoir une intelligence émotionnelle. Il ne s’agit pas de censurer des thèmes comme la religion. D’ailleurs  utiliser le prêtre Don camillo comme le faisait Panzani ne posait aucun problème.

Ni la loi ni le code de déontologie abondent dans leur sens.

Quant à la thèse qui circule parmis les journalistes et les gens qui ont toujours des idées géniales en disant qu'il faut pas interdire les affiches sinon cela servira l'UDC, elle est d'une bêtise incommensurable ! C'est un peu comme de dire au pompier "n'arrêtez pas le feu des pyromanes, cela peut les encourager et même attiser les flammes !" C'est une approche  qui n'a aucun sens. La montée de l'extrême droite ne s'arrêtera pas si son message est banalisé et si les voix se taisent et les plumes sèchent.


Laurent Opoix, un french connector qui se réjouit de prendre le futur RER Genève-Annemasse.


PS. Si vous voulez découvrir une analyse sémiologique de l'affiche anti-minaret de l'UDC cliquez sur le lien suivant qui amène sur un billet de Paul Villach. Je tiens à préciser que je ne partage pas du tout son point de vue qu'on trouve dans son dernier paragraphe Cliquez ici