12/05/2012
Swisscom confie son budget à l'étranger, entre polémique et bal des hypocrites

Je voulais réagir à l'article paru dans la presse, à propos de la décision de la société suisse "Swisscom" de confier son budget publicitaire à l'agence berlinoise Heimat.
Beaucoup de bruit pour rien !
Ce n'est pas parce que l'entreprise Swisscom dont le capital est détenu à 55% par l'Etat, qu'elle ne doit pas être libre de choisir la provenance de son agence de publicité !
Au nom de quoi une entreprise publique ne serait-elle pas libre de choisir son prestataire ?
Est-ce que nous exigeons des entreprises suisses qu'elles fassent appel à des agences de pub suisses ? Non, alors n'imposons pas aux entreprises publiques ce que nous n'exigeons pas des entreprises privées !
Le choix de l'agence berlinoise apportera un meilleur rapport qualité-prix. Je rappelle que la Suisse a fait le choix du libéralisme à outrance. Dans la pensée dominante actuelle où l'on nous parle du "coût du travail" à longueur de journée dans les médias, il est normal que l 'état puissent également alléger ses coûts dans ses entreprises.
L'opinion publique qui a le mot "coût du travail" dans sa tête comme une balle perdue aurait bon dos de monter aux barricades pour un problème qui découle d'un système économique qu'elle cautionne par les urnes.
Quant aux agences de publicités, elles n'auraient pas lieu de se plaindre. Tout simplement parce que les agences suisses ne se préoccupent pas de ce genre de considération. Elles commandent une bonne partie de leur matériel publicitaire en France ou en Allemagne à des tarifs plus avantageux qu'en Suisse.
Les agences de pub connaissent la règle du jeu et en profitent largement. Elles sont prêtes à l'accepter à moins d'être hypocrites.
On pourrait exiger de Swisscom d'être le plus "local" possible mais dans ce cas là, exigeons en contrepartie que les agences de publicités suisses fassent appel uniquement à des fournisseurs suisses. Question de cohérence.
Prendre l'agence Heimat est aussi une volonté de Swisscom d'être plus créativite dans sa communication. Swisscom a déclaré qu'elle voulait quelque chose de plus émotionnelle et c'est vrai que la pub suisse peine à faire rêver. Il suffit de s'en rendre compte en lisant les commentaires suite à l'article du Matin. Les gens trouvent la pub suisse ennuyante pour ne pas dire chiante et je suis du même avis !
Revue des commentaires suite à l'article du journal le matin.ch : "Sur ce coup, Swisscom n'est pas malin".
"Vu le niveau des publicitaires suisses... ca ne peut qu'améliorer les choses."
"Au moins il y a de la créativité et bon goût dans leur pub ce qu'il n'y a pas chez les autres (ennuyantes à mourir). C'est cher? Oui c'est cher, mais il y a du service."
"Si il y a bien un pays qui conçoit des pub de très mauvaises qualités c est bien la Suisse. Alors laissons les autres s en charger pour qu'on ne soit pas encore une fois de plus ridicules. Si les autres font mieux alors pourquoi ne prendre le meilleur?"
"Dans une SA l'actionnaire ne se manifeste que lors de l'Assemblée générale le reste du temps il la coince.Quant à la qualité des publicistes suisses mieux vaut en rire lorsque l'on sait que celle de la Migros est produite en Italie."
"Ca évitera d'avoir des pubs aussi médiocre que la moyenne suisse. Personnellement j'achète pas à cause des pubs, mais l'inverse oui. Quand je vois une pub vraiment mauvaise, voir carrément agaçante et qu'on nous mattraque avec, je boycotte le produit. C'est presque à chaque fois des pubs suisse."
"Pas étonnant, vu le niveau lamentable de la pub suisse...(...) "
"difficile d'être plus ridicule ! Saatchi + Saatchi par exemple est si peu suisse !! Quel est ce vent nouveau "protectionniste" ? Sans doute s'agit-il d'une agence de pub d'Appenzell qui a sensibilisé un politicien pour intervenir au plus haut niveau ! Curieuse façon de se mettre en avant !"
"Si l'agence Heimat a la bonne idée de conseiller à Swisscom d'abandonner les termes (faussement) anglais dont elle truffe ses textes en français, alors cela aura valu le déplacement jusqu'à Berlin. Actuellement, les messages signés Swisscom sont un cauchemar pour les francophones et une belle preuve de mépris pour les usagers de ce côté-ci de la Sarine."
La publicité suisse est médiocre, vous l'aurez compris. La faute à qui, à quoi ? Je me ferais un plaisir de me pencher sur la question dans un autre billet.
Que Swisscom fasse appel à des Allemands c'est très bien...c'est même écologique. Oui, plutôt que donner le budget à une agence de publicité Zurichoise qui compte dans son équipe des frontaliers allemands, dont le trajet jusqu' à Zurich représente un bilan carbone digne d'un barbecue, il est plus raisonnable de leur éviter le trajet en donnant directement le budget aux allemands. Ainsi, pas de déplacements inutiles et des économies sur les salaires si chères à nos managers.
18:07 Publié dans publicité institutionnelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : swisscom, agence publicitaire, publicité, heimat, budget pub, article, journal, allemagne, berlinoise, berlin, etat, suisse, qualité, créativité, coûts, prix |
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20/04/2012
La votation aux présidentielles des français de Suisse vue par les médias suisses.

Ici, en Suisse, les journaux parlent des élections françaises et notamment des français de suisse qui s'apprêtent à voter. Et ils sont potentiellement nombreux ! L'équivalent, je crois de la ville de Dijon. Dans les articles de la presse concernant les élections revient souvent l'expression : stygmatisation de la Suisse. Et les titres volent aussi haut que : Les attaques contre la Suisse agacent les électeurs français installés à Genève (tribune de Genève)
C'est ce que retiennent les journalistes romands. Qu'ils soient de gauche ou de droite, les journalistes helvètes ne supportent aucune critique qui viendrait écorner l'image d'épinal de la Suisse qu'ils s'efforcent de propager à leur lectorat.
Quelle psychose de ne retenir qu'une partie infime et peu signifiante de la campagne électorale française !
Bouh ! Oulala les Français veulent du mal à la Suisse !
Le magazine de presse écrite, l'Hebdo, qui a consacré un de ses reportages sur les français qui voteront en Suisse, nous apprend par l'intermédiaire d'un représentant de l'UMP que 50% des votants sont des bi-nationaux et que ces derniers voteront en fonction de la bienveillance des candidats à l'égard de la Suisse !
«L’électorat est particulier en Suisse, explique Nicolas de Ziegler, de l’UMP. Plus de 50% des inscrits sont des binationaux. Lorsque le pays est attaqué, ils réagissent comme des Suisses. Ils ont mal vécu la manière dont l’Etat a été traité durant le quinquennat. D’autant, il faut l’avouer, que sur la forme le discours n’a pas toujours été adapté.»
Etant bi-national, je suis sidéré par cette révélation fracassante !
La Suisse n'est pas le centre du monde et quand je vote aux présidentielles françaises je me contrefous, mais alors royalement, de ce que pensent les candidats de la Suisse.
L'article prend les bi-nationaux pour des ânes bâtés qui vont voter en fonction de ce que les candidats aux élections pensent de la Suisse !
Le journaliste de l'Hebdo fait ressortir sa conviction en trouvant chez ce nantis de Monsieur de Ziegler, sa conviction. Faut pas prendre l'opinion d'un sympathisant de l'UMP pour les attribuer aux bi-nationaux. Le journalisme c'est de rendre compte d'une vérité, il me semble.
Je vote pour celui que je juge le plus apte à mener une politique compatible pour le bien-être et le développement de la France.
Cette manie nationaliste de rejeter toute critique au motif qu'il y a le mot Suisse dedans, c'est idiot. Faudrait peut être s'intéresser au fond plutôt qu'à la forme.
La critique de la Suisse et des compatriotes qui viennent y planquer leur fric est justifiée.
La Suisse accueille des exilés fiscaux et des multinationales attirées comme des mouches par des éxonérations fiscales sur 10 ans ! C'est du racolage fiscal sur la voie économique.
Les critiques sont justifiées et je rappelle aux journalistes suisses qu'elles ne viennent pas seulement de la France mais des USA, de l'Italie, de l'Allemagne, de la Grèce et j'en passe ! La Suisse est une vraie plaque tournante ou plutôt une planque tournante c'est normal qu'elle soit dans le viseur.
Faudra un jour se remettre en cause au lieu de jouer la vierge effarouchée qui crie aux méchants gouvernements étrangers.
Si les riches étrangers viennent s'établir dans nos frontières c'est parce que la Suisse pratique une sorte de prostitution fiscale et non pour la beauté de ses paysages.
C'est dingue que l'argent détourné du fisc et l'argent sale qui se déverse chaque jour dans les coffres suisses comme on farce une dinde ça ne pose aucun problème de conscience à nos amis journalistes.
J'ai aucune estime pour ceux qui viennent poser leur valoche pleine de billets en Suisse. Al'instar d'une partie de l'équipe de France de Tennis qui est venue squatée ici.
Une belle brochette d'ingrats.
Leur talent a été faconné par des structures sportives françaises, des entraîneurs français. Quand l'envie d'aller s'entraîner diminuait, il y avait toujours une épaule française pour lui dire : "c'est dur mais ne lâche pas l'affaire, l'entrainement va finir par payer" Quand ils se blessaient, ils ont pu bénéficier du système de santé français et d'un staff médical qui a pansé leur maux.
Une fois que tous les efforts fournis par des professionnels français ont commencé à porter ses fruits, le tennisman s'en va, emportant avec lui, le bénéfice des efforts acquis d'arrache pied. Tout le mal qu'ils se sont donnés et qui est à la base de ce qu'ils sont devenus, c'est-à-dire des sportifs accomplis.
Ce que les impôts français ont fait pour eux comme de leur mettre un peu de jugeotte dans la tête, ils l'occultent et préfère se tirer du pays qui leur a torché le cul depuis qu'ils était tout mioche. Ca ne leur pose aucun problème de ne plus participer au bien commun dont ils ont bénéficié.
C'est pareil pour des patrons de grands distributeurs établis en Suisse. Ils ont bénéficié du savoir-faire des grandes écoles dont ils garnissaient les bancs, ils étaient content de faire appel aux soins français pour soigner les hémorroïdes de leur grande tante. Une fois repus de fric, ils prennent la tangente. Ils ont fait fortune sur le territoire français avec l'argent de consommateur français et d'une main d'oeuvre qualifiée française. Et pourtant ils ne veulent pas renvoyer l'ascenseur au pays qui les a enrichi et sans lequel, ils ne seraient pas ce qu'ils sont.
Faut pas qu'ils l'oublient.
Ils n'ont pas poussé comme ça du néant, rien qu'à la force de leur esprit comme ils aimeraient le croire. C'est des produits d'un effort commun de tout un peuple que l'on nomme la France.
Prenez Johnny Halliday qui était venu un temps planqué sa fortune en Suisse. Sa ligne de défense se résumait à dire qu'avec les impôts qu'il a versé lorqu'il résidait en France, équivalait à l'achat d'un porte-avion.
Comme si la dépense de l'Etat se résumait à du matériel de guerre. Il est complètement con ou quoi ?
Et il croit peut être que dans les paradis fiscaux où il pose ses valises que son argent va servir uniquement dans des oeuvres caritatives ? Ce qu'il paie comme petit impôt dans un paradis fiscal, une partie de cet argent va également finir au budget de l'armée.
Il faudrait un impôt sur la connerie, je crois que les riches ingrats paieraient enfin à la hauteur de ce qu'ils doivent.
14:18 Publié dans actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : votations, élections présidentielles, français, votants, mauvaise couverture médiatique, exilés fiscaux, paradis fiscaux, évasion fiscale, riches, racolage fiscal, suisse, cadeaux fiscaux, l'hebdo, 24 heures |
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09/04/2012
Nos villes en slogans et bientôt en chansons
Le marketing dont la publicité fait partie peut trouver des applications un peu partout.
C'est fou cette tendance à tout marketiser !
Les visuels et autres armoiries servaient avant tout à identifier, à embellir. C'était très utile à l'époque où l'on se foutait régulièrement sur la gueule. Ainsi, on pouvait distinguer les ennemis de ses propres troupes lors des combats. Sans oublier le côté pratique pour les nombreux illettrés.
Dernièrement, j'ai remarqué que même des villes accompagnaient leur logo d'un slogan.
Est-ce nécessaire de trouver un slogan pour une communauté de citoyens ?
Exemple :

Carrefour d'idées...
Il n'y a rien de plus barbant qu'un carrefour. En plus c'est bruyant. Quant aux idées, elle ne font que se croiser et viennent de partout sauf du carrefour ! J'ai comme l'impression que cette ville se prend pour la Silicon Valley ou Hollywood.
C'est peut être parce qu'ils ont accueilli, l'école de design (ECAL) dont l'ancien directeur faisait croire que c'était l'une des meilleures du monde. Dans l'esprit des gens c'est resté une école de haute renommée. Sans savoir qu'elle était seulement renommée dans leur tête !
Pour illustrer mes propos, voici un extrait du blog de David Laufer :
"On croyait en avoir fini avec Pierre Keller. Au début il y avait ses photos de culs de chevaux. Après, il était devenu directeur de l'école cantonale d'art de Lausanne, l'ECAL, et là les choses se sont tout à fait gâtées. Pendant des années, une presse à-plat-ventriste a fidèlement reproduit les propos de Keller qui affirmait partout que l'ECAL est une des meilleures écoles d'art du monde. Ce qui est complètement faux. En effet le classement des 60 meilleures écoles de design au monde, établi par le magazine Business Week, ne fait pas mention de l'ECAL parmi ses lauréats. C'était vrai lorsque je le rapportais en 2009 et ça l'est encore aujourd'hui hélas."
Source de l'extrait : ici
Autre exemple, la Ville de Vernier :

...mis à part le jeu de mots...
Prenons l'extrait du communiqué de presse de la ville qui présentait le nouveau logo et slogan de la Ville de Vernier : "...qui consolide, par un jeu de mots habile, l’appartenance de Vernier au groupe des villes de Suisse et souligne l’atypicité de celle-ci."
J'ai pas tout compris mais l'atypicité me parle bien.
Comment dire ? Les villes sont toutes différentes, visuellement, topographiquement. Bref, elles se distinguent toutes. Par conséquent elles sont toutes uniques; pas communes.
Paradoxalement, elles fonctionnent de la même manière.
Faut vraiment qu'elle soit à part avec des maisons sur pilotis en spirales habitées par des gens plus originaux les uns que les autres et une organisation façon machine à sous comme Monaco ou Las Vegas pour proposer un tel slogan.
Or, il s'agit de deux villes suisses. Et c'est pas l'excentricité qui caractérise les Suisses. Il faut dire que la Suisse est l'un des pays les plus conservateurs et capitalistes au monde. S'il y a bien un pays qui incarne l'establishment, c'est bien la Suisse.
De manière générale et raisonnable, une ville avec un slogan c'est l'argent du citoyen jeté par les fenêtres. Et personne ne s'y identifie et ne s'y retrouve.
Pour une démarche de campagne pour une ville touristique ou les services industriels de la ville, d'accord. Mais pour la paperasse de toute l'administration et la communication d'une ville, c'est ridicule. Une ville n'est pas un produit. Une municipalité n'est pas un comité d'entreprise. Une ville n'est pas un condensé de citoyens homogènes à la façon d'une poudre à lessive.
Un parti politique peut avoir des slogans car les gens qui y adhèrent ont un spectre d'idées en commun. Mais pour une ville c'est différent ! On ne s'installe pas dans une ville parce qu'on a les mêmes idées !
Un slogan pour une ville est inutile et ridicule.
Si vous pensez le contraire, alors demandez à votre ville qu'elle accole des slogans sur les crèches, les services de pompes funèbres, les offices de poursuites et faillites. Ou mieux demandez à l'agence de com' d'écrire une chanson sur votre ville, à même de marquer les esprits comme "Capri c'est fini "ÒToulouse" ou "Il est 4 heures Paris s'éveille".
16:24 Publié dans pensées, publicité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : slogan, ville, communication inutile, une ville pas commune, carrefour d'idées, suisse, inutile, dépense, budget, communication, communauté |
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